Edito : A quand la possibilité d’avoir des soins abordables partout en France ?

Plus d'égalité entre les patients par rapport aux soins est indispensable, si l'on veut que la santé devienne un droit et ne se transforme pas en privilège. Les progrès à faire dans cette optique sont nombreux, tandis que les négociations pour la réforme de santé qui ont lieu en ce moment dans le cadre de convention nationale des médecins libéraux qui ont lieu en ce moment semblent, une fois de plus, dans une impasse.

Plus d’égalité entre les patients par rapport aux soins est indispensable, si l’on veut que la santé devienne un droit et ne se transforme pas en privilège. Les progrès à faire dans cette optique sont nombreux, tandis que les négociations pour la réforme de santé qui ont lieu en ce moment dans le cadre de convention nationale des médecins libéraux qui ont lieu en ce moment semblent, une fois de plus, dans une impasse.

En effet, déjà interrompues fin avril, leur reprise jeudi 23 juin s’est soldée par le départ du président de l’Union nationale des organismes d’assurance-maladie complémentaire (UNOCAM), Fabrice Henry. Ce dernier a voulu ainsi protester contre la suppression par la Commission des affaires sociales du Sénat d’un article qui aurait permis aux mutuelles d’avoir à nouveau le droit de passer des contrats avec des médecins et de pratiquer ainsi des remboursements différenciés. Ce principe avait été remis en cause à la suite d’un procès au terme duquel la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale (MGEN) avait été condamnée en septembre 2010. L’article 22 de la loi Fourcade aurait permis, selon les mutuelles, de mieux maîtriser les dépenses qu’elles remboursent et de ne pas agir en « payeur aveugle ».

Au-delà des mérites, réels ou supposés, de cet article refusé, il est dommage que son rejet, qui ne dépendait pourtant pas des négociations conventionnelles entre les différents syndicats et associations, ait suffi pour déclencher le départ d’un acteur majeur de la réforme du système de santé. Cette dernière est d’une importance capitale, puisqu’elle devrait permettre un accès aux soins plus abordable financièrement. Mesure principale : la création d’un secteur optionnel, obligeant les praticiens à respecter certains niveaux de dépassements d’honoraires qui seraient intégralement pris en charge par les complémentaires. Une réforme d’une importance capitale à l’heure où ces dépassements ont augmenté de 6,4% sur dix ans pour atteindre 2,5Mds d’euros en 2010, Une plus grande prise en charge des soins, défendue par l’UNOCAM elle-même et son ancien président Jean Michel Laxalt, vaut certainement le coup que M.Henry continue les discussions. Sans quoi il risquerait d’être responsable d’une mise à l’écart total des mutuelles de ces négociations décisives.

Il est d’autant plus urgent de régler cette réforme du système de santé que le problème financier de l’accès aux soins ne doit pas être l’unique objet d’études. En effet, il est tout aussi important de se pencher sérieusement et au plus vite sur l’accès géographique aux soins, inégal selon les régions. Le ministère de la Santé a récemment estimé que le bilan dressé par l’enquête sur le temps d’accès aux soins est « globalement satisfaisant ». Cette réjouissance est en partie justifiée : en effet, 95% des Français sont à moins d’un quart d’heure de trajet d’un médecin généraliste et à moins de vingt minutes d’un spécialiste, et des médecins continuent de s’installer en province. Mais tout d’abord, pensons aux 5% restant. Pensons aussi aux équipements des médecins spécialistes, dont la présence est également victime des inégalités régionales. Pensons enfin aux futures mères habitant en province, qui doivent parfois mettre plus de trois quart d’heure pour atteindre une maternité et plus d’une heure et demi pour atteindre une maternité s’occupant des grossesses à haut risque.

Les négociations pour la création du secteur optionnel doivent reprendre jeudi 30 juin. Espérons que les tensions entre les acteurs y participant se seront apaisées d’ici là, afin qu’elles puissent se conclure dans les temps, le 20 juillet, et nous offrir un système de santé mieux remboursé. Ce serait un bon début à une réforme de santé. Mais seulement un début.


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