Etats-Unis/Marée noire : les assureurs fournissent leurs premières estimations

La crainte d’une vaste pollution en mer restait vive mercredi aux Etats-Unis, les garde-côtes n’excluant pas « une des pires marées noires de l’histoire » si la fuite émanant de la plateforme qui a sombré dans le golfe du Mexique n’était pas colmatée. Du côté des assureurs, les premières estimations ont été dévoilées.

Selon les chiffres publiés par Postonline.uk, la catastrophe coûterait 6M de dollars par jour à l’exploitant, le groupe pétrolier BP. Transocean (propriétaire de la plateforme) est assuré pour 560M de dollars, incluant la perte totale de la plateforme. Les réassureurs « Bermuda » (Ace, Axis Capital et Lancashire) sont concernés par la couverture de l’édifice, ainsi que les européens Hannover Re et Munich Re. La catastrophe pourrait coûter jusqu’à un milliard de dollars en totalité, une grande partie devrait être prise en charge par Lloyd’s (le coutier de Ace) et Bermuda.

Les autorités sont de leur côté peu optimistes. « Je vais être franche. Les efforts de BP (le groupe pétrolier britannique qui exploitait la plateforme, ndlr) pour colmater les fuites n’ont pas abouti pour le moment », a dit le contre-amiral Mary Landry lors d’une conférence de presse. La responsable des garde-côtes de La Nouvelle-Orléans (Louisiane, sud) s’est refusée à comparer l’accident avec celui du pétrolier Exxon Valdez qui s’était échoué sur les côtes de l’Alaska et avait déversé plus de 40 millions de litres de pétrole sur une distance de 1.300 km. Mais, a-t-elle toutefois assuré, « si nous ne sécurisons pas le puits, oui, ceci constituera une des pires marées noires de l’histoire américaine ». La plateforme, nommée « Deep Water Horizon », propriété de la société Transocean, contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait près de 1,27 million de litres par jour.

La nécessité d’arrêter la fuite est d’autant plus pressante qu’une nappe de pétrole de 965 km de circonférence se trouvait à une trentaine de kilomètres des côtes de la Louisiane, berceau d’un écosystème fragile composé de nombreux oiseaux aquatiques La plateforme a coulé jeudi dernier non loin des côtes américaines après une explosion et un incendie survenus le 20 avril au soir. Une semaine après l’accident, onze personnes étaient toujours portées disparues et les chances de les retrouver quasi nulles. La femme d’un membre d’équipage disparu a porté plainte contre Transocean, BP et une autre compagnie concernée, Halliburton, les accusant de négligence, selon des documents judiciaires consultés mardi.

Avec AFP (La Nouvelle-Orléans, 28 avril 2010)


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