La France inquiète des conséquences des propos de Benoît XVI sur l’usage du préservatif

La France exprime sa très vive inquiétude devant les conséquences des propos de Benoît XVI condamnant l’usage du préservatif .

S’il ne nous appartient pas de porter un jugement sur la doctrine de l’Eglise, nous estimons que de tels propos mettent en danger les politiques de santé publique et les impératifs de protection de la vie humaine.

La France est résolument engagée dans l’accès universel à la prévention, aux traitements, aux soins et à la prise en charge ainsi qu’en faveur du respect des droits des personnes vivant avec le VIH/sida. Avec l’information, l’éducation et le dépistage, le préservatif est un élément fondamental des actions de prévention de la transmission du virus du sida.

Nous rendons hommage à l’action des acteurs publics comme des organisations non gouvernementales et internationales qui tous les jours sur le terrain mettent en oeuvre ces politiques de prévention et d’accès aux soins partout dans le monde.

Nous pensons aussi aux personnes vivant avec le VIH/SIDA et à leurs proches, qui savent au quotidien la réalité de l’épidémie.

Nous leur devons, nous devons à la jeunesse et aux générations futures de faire preuve d’esprit de responsabilité et de solidarité.

S’agissant de la contribution de la France à la lutte contre le sida dans le monde, et en particulier en Afrique, nos initiatives et le volume de nos contributions témoignent de la priorité que notre pays lui accorde.

Sans compter ses contributions financières au Fonds européen de développement, à la Banque mondiale et à plusieurs autres organismes dédiés au développement et à la santé dans le monde, la France consacre spécifiquement chaque année plus de 360 millions d’euros à la lutte contre le sida, versés pour l’essentiel dans un cadre multilatéral.

Avec 900 millions d’euros sur trois ans, elle est le deuxième contributeur mondial et premier européen au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, dont elle avait activement soutenu la création en 2002, et qui sauve chaque année des millions de vie.

A l’origine de la création du groupement ESTHER (“Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière en réseau contre le sida”), la France lui consacre 8,5 millions d’euros afin de favoriser l’accès aux traitements et à l’accompagnement psychosocial des personnes vivant avec le sida par le renforcement des capacités locales en matière de santé. Par ailleurs, les contributions aux organisations internationales concernées (OMS, ONUSIDA) se montent à 1,2 million d’euros.

L’ Agence nationale de Recherches sur le sida bénéficie d’un soutien public de 10 millions d’euros (dont 1,5 million d’euros du ministère des Affaires étrangères et européennes en 2008).

Au-delà, grâce aux recettes d’un montant de 160 millions d’euros tirées de la taxe de solidarité sur les billets d’avion, notre pays contribue à la lutte contre le sida dans le cadre de l’initiative UNITAID, dont elle est à l’origine.

Plusieurs contributions françaises dans le domaine de la santé sont consacrées pour partie à la lutte contre le sida, sans qu’il soit possible d’isoler spécifiquement le montant consacré à cette lutte. C’est le cas des contributions françaises au Fonds européen de développement (95 millions d’euros consacrés à la santé), à la Banque mondiale (54,5 millions pour la santé), à l’institut Pasteur (19 millions pour la recherche en matière de santé) et à l’Institut de recherche et de développement (11 millions). L’ensemble représente un total supplémentaire de 179,5 millions d’euros, dont une part est consacrée à la lutte contre le sida menée par ces différents organismes.


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