La “pression” de certains labos pour faire prescrire des médicaments plus chers

La Mutualité (mutuelles de santé) a dénoncé jeudi la “pression” de certains laboratoires pour obtenir que des médicaments “de marque” coûteux soient prescrits à la place du générique équivalent.

Dans son “Mémento 2009” du médicament, qui contient des “données sur le marché du médicament en France pour l’année 2008 et le détail de son financement par les mutuelles”, la Mutualité accorde “une place particulière à un phénomène qui nuit au développement des génériques”.

Il s’agit du “déplacement des prescriptions de génériques au profit de médicaments encore protégés par brevet, sans valeur thérapeutique ajoutée mais plus coûteux, sous la pression de la visite médicale des laboratoires de princeps” (promotion des médicaments “de marque” par les visiteurs médicaux envoyés par les laboratoires auprès des médecins, NDLR).

Le Mutualité, qui regroupe des mutuelles assurant la couverture complémentaire santé de près de 38 millions de personnes, “procède à une analyse comparative entre l’évolution des prescriptions de statines (en traitement contre le cholestérol, NDLR) qui disposent de génériques et celles encore protégées par des brevets”. “Le résultat de cette analyse montre deux tendances opposées: une diminution continue des prescriptions de statines génériquées: 42% en 2008 contre 57% en 2004 (et) une augmentation continue des prescriptions de statines encore brevetées et donc non substituables par des génériques: 58% en 2008 contre 43% en 2004”, selon elle.

“Cette analyse, transposable à de nombreuses classes thérapeutiques, illustre un phénomène préoccupant, malgré la maîtrise médicalisée (des dépenses liées à la maladie, ndlr) dont un des objectifs vise la prescription de génériques”, écrit encore la Mutualité.

AFP


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