Le système de soins français en danger

En février 2008, le Ministre du Budget Eric Woerth, annonçait qu’il fallait s’attendre à un déficit de la Sécurité Sociale de l’ordre de 15 milliards d’euros en 2009, et certains ont encore revu ces chiffres à la hausse. C’est une reprise brutale de la croissance du déficit après quatre ans de décélération.

Du côté des assurances complémentaires santé, il est constaté aussi une crise du modèle qui avait prévalu jusqu’alors. L’augmentation des dépenses de soins, due en partie au transfert de charges du régime obligatoire, se traduit par une augmentation régulière des cotisations. A titre d’exemple, une cotisation annuelle de 150 euros en 1993 est passée à 480 euros en 20081, à couverture constante.

Ces niveaux de prix deviennent difficilement supportables pour certains foyers et entraînent, à terme, une diminution des souscriptions qui peut mettre en danger la pérennité des assurances complémentaires.

Par ailleurs, de multiples maux perturbent le fonctionnement du système de soins, dont certains sont au cœur du débat parlementaire sur la loi « Hôpital, Santé, Patients, Territoires » :
– difficultés d’accès aux médecins généralistes et à quelques spécialistes sur certaines parties du territoire et difficultés d’organisation de la permanence des soins,
– opacité et variabilité des honoraires médicaux, entre médecins de ville et médecins d’établissements publics ou privés, entre médecins hospitaliers, entre spécialités, entre régions,
– retard des politiques de prévention par rapport au développement du soin,
– difficultés de gestion des établissements de soins …

Des budgets croissants qui risquent de devenir insoutenables pour un résultat discuté : jusqu’à quand pourra-t-on continuer ainsi ? La crise économique dans sa violence actuelle n’est-elle pas l’occasion de repenser nos fonctionnements en matière de système de soins ?

1 Panorama de l’Assurance Santé 2009. Jalma


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