Manifestation de soutien à un médecin poursuivi pour avoir prescrit trop de médicaments remboursés à 100%

Près d’une centaine de personnes ont manifesté lundi devant la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) de Créteil (Val-de-Marne) pour soutenir un médecin généraliste, poursuivi pour n’avoir prescrit à certains de ses patients que des médicaments remboursés à 100%.

Les manifestants, équipés de pancartes réclamant “La santé pour tous” et dénonçant “la casse du système de santé”, ont demandé à être reçus par la direction de la CPAM, sans obtenir gain de cause, a constaté un journaliste de l’AFP. Ils étaient porteurs d’une pétition signé par 2.500 personnes.

Le Dr Didier Poupardin, 63 ans, est accusé par l’Assurance maladie de n’avoir effectué que des prescriptions prises en charge à 100% sur les ordonnances de ses patients en affection de longue durée (ALD), entre mars 2007 et mars 2008.

La sécurité sociale, estimant qu’il aurait dû prescrire en partie des médicaments non-remboursables intégralement, lui réclame le remboursement d’une somme de 2.612 euros, correspondant au “préjudice” subi par la CPAM du Val-de-Marne dans cette affaire, selon son directeur, Gilles Filiberti.

Didier Poupardin, qui revendique ces prescriptions prises en charge à 100%, dans le quartier populaire de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) où il exerce, refuse de rembourser cette somme et dénonce une “attaque contre l’égalité d’accès aux soins” et un “morcellement comptable des malades”.

“Si je n’avais pas prescrit des médicaments remboursés à 100% par l’assurance-maladie, beaucoup de mes patients auraient renoncé à se soigner, faute de posséder une mutuelle”, a-t-il indiqué à l’AFP, en assurant avoir “soigné au mieux” ses malades.

Joint par l’AFP, le directeur de la CPAM du Val-de-Marne, Gilles Filiberti, a pour sa part critiqué la démarche du Dr Poupardin, estimant que “le service public ne peut pas souffrir ce genre de pratique”. “On est face à quelqu’un qui défend une doctrine. C’est son droit. Mais s’il persiste à vouloir faire passer ses convictions personnelles avant les règles de fonctionnement de la sécurité sociale, nous procéderons au recouvrement”, a-t-il assuré, en indiquant ne pas exclure une “amende” ou une “pénalité”.

Créteil, 25 jan 2010 (AFP)


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