Mobilisation tous azimuts pour gagner la “bataille” contre la grippe H1N1

Au rythme de 250.000 à 300.000 vaccinations par jour contre la grippe H1N2 pandémique, 30 millions de personnes pourront être vaccinées d’ici fin février en France, selon la ministre de la santé Roselyne Bachelot dans un entretien au Monde publié jeudi.

Les responsables gouvernementaux ont affirmé jeudi leur “détermination” à gagner la “bataille” contre la grippe H1N1, qui a fait 92 morts, annonçant dès à présent une ouverture élargie des centres de vaccination et une mobilisation d’effectifs tous azimuts.

“Cette opération, la première de notre histoire sanitaire, nécessite un engagement et une mobilisation totale”, s’est enflammé le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, président de la cellule interministérielle, devant la presse. “Sachez-le, nous nous y impliquons à 200%”.

Nicolas Sarkozy a réclamé à l’issue du conseil des ministres mercredi “la mobilisation générale des préfets et de tous les responsables sanitaires pour que la vaccination se fasse vite et dans de bonnes conditions”, manifestant un certain agacement, selon la presse.

Le ministre partageait la tribune place Beauvau avec sa collègue de la santé, Roselyne Bachelot, pour la première d’une série de conférences de presse quotidiennes que tiendront désormais les ministres ou leurs représentants.

M. Hortefeux a annoncé que tous les centres de vaccination, “sans exception”, étaient désormais ouverts du lundi au samedi, et qu’ils seraient ouverts “dès ce dimanche” dans les grandes zones urbaines, voire ailleurs en cas de nécessité. Ils seront fermés seulement le jour de Noël et le 1er janvier.

Les personnels attachés aux centres ont été augmentés et devraient atteindre, lorsque les 1080 centres créés en Métropole seront ouverts (ce qui est prévu pour samedi), 8.000 médecins ou internes, 30.000 personnels paramédicaux et 30.000 personnels administratifs. Un “sous-préfet grippe” sera nommé dans chaque préfecture.

Même si la vaccination fait pour le moment peu recette chez les collégiens et lycéens (10% d’entre eux ont demandé à être vaccinés), les responsables gouvernementaux se sont réjouis de l’affluence, depuis deux semaines, dans les centres de vaccination, qui ont provoqué des files d’attente, “notamment en raison de la venue dans les centres de personnes non prioritaires sans bons de vaccination”, selon M. Hortefeux. A ce jour, 1,3 million de personnes ont été vaccinées.

“Nous avons conscience que les jours qui viennent sont décisifs pour nous conduire à gagner cette bataille contre la grippe A”, a lancé le ministre. “Nous y parviendrons”.

Selon le bilan publié jeudi, la grippe a causé 92 décès – dont 14 chez des personnes sans facteur de risque connu – depuis le début de l’épidémie, pour quelque 3 millions de cas. S’il y a davantage de cas de grippe H1N1 à ce jour que pour toute la saison de grippe saisonnière 2008-2009, la létalité semble comparable.

Sur environ un million de sujets vaccinés, 567 effets secondaires ont été enregistrés, dont 97% sans gravité. Le diagnostic de syndrome de Guillain-Barré, avancé le 12 novembre pour une femme de 37 ans vaccinée, a été écarté.

Le directeur général de la santé, Didier Houssin, a défendu le conditionnement en multidoses, en dépit du surdosage qu’il a entraîné à Brest chez des enfants de moins de 3 ans. “C’était la seule condition pour avoir les vaccins assez tôt”, a-t-il dit.

Dans une interview au Monde, Mme Bachelot a réitéré son refus d’une vaccination dans les cabinets de médecins libéraux, qui, selon elle, devrait au moins tripler les coûts.

Elle a envisagé “dans un deuxième temps” de recourir à la médecine du travail, du moins dans les grosses entreprises. “Pour l’instant on travaille à flux tendus sur les stocks de vaccins, on ne peut pas les disperser”, a-t-elle indiqué.

La ministre de la Santé a obtenu jeudi le “grand prix du communicant public 2009” du magazine Acteurs publics.

Paris, 3 Déc 2009 (AFP)


Laissez votre avis