Rémunération des patrons : le mauvais “rapport qualité-prix” de certains pontes de l’assurance

    Dans son édition datée du mois de novembre, la magazine Capital publie le classement des rémunérations des grands patrons français. Si pour une grande majorité leurs salaires ont baissé (17% en moyenne), ils restent les mieux payés d’Europe. Certains dirigeants du secteur de l’assurance et de la bancassurance sont d’ailleurs épinglés dans ce classement.

    Avec un salaire (fixe+variable) de 2,7 millions d’euros par an en 2008, on pourrait trouver les émoluments d’Henri de Castries, patron d’AXA, plutôt sages par rapport aux 23,1 millions de Jean-François Duprez, PDG de Camaïeu. Ce serait d’ailleurs surement le cas, si dans le même temps le groupe n’avait pas accusé une baisse de 83% de ses bénéfices. Certes, cette chute vertigineuse n’est pas directement imputable à la gestion de l’entreprise par Henri de Castries. Elle est en effet consécutive à l’effondrement des marchés financiers.

    En fait, c’est l’augmentation de 20% de son salaire fixe, accordée en 2008, qui fait grincer des dents. Selon Capital, il aurait également modifié les modalités de calcul de son salaire variable pour enrayer la dégringolade des cours de la bourse. Il a en outre perçu 390 000 euros de stock-options et s’est vu attribué 84 000 actions à titre gratuit. Résultat, Henri de Castries se place à la 17e place des grands patrons les mieux payés de France, mais à la 59e place sur 65 si l’on tient compte du “rapport qualité-prix”. En effet, la magazine Capital donne une note sur 20 à chacun des dirigeants faisant partie de leur classement, en tenant compte des résultats de leur entreprise et du niveau de leurs rémunérations. A ce petit jeu, Henri de Castries récolte un 4,88/20.

    AXA est la seule compagnie dont le cœur de métier est l’assurance à se retrouver dans ce classement. Mais au rang des bancassureurs, on retrouve Michel Lucas, patron du CIC, le 8e assureur en France, et Daniel Bouton, ancien numéro 1 de la Société Générale. Ils ont respectivement touché des émoluments de 1,5 et 1,4 millions d’euros en 2008, malgré des résultats en berne et la crise qui a frappé le secteur de la banque l’année dernière. Ils récoltent d’ailleurs des notes inférieures à celles d’Henri de Castries avec un 4,6/20 pour Daniel Bouton et un 4,11/20 pour Michel Lucas. Pour information, le bonnet d’âne de la classe dirigeante revient à Thierry Morin, ex PDG de Valeo, 0,52/20, qui depuis a pris, la tête du conseil d’administration de l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle).


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