Santé au travail : les syndicats veulent conclure un accord avant fin mars sur le harcèlement

La CFDT souhaite conclure avant la fin du premier trimestre 2010 la négociation en cours entre partenaires sociaux sur le harcèlement et la violence au travail, ont expliqué vendredi les négociateurs CFDT, qui veulent “un engagement explicite des employeurs” sur le sujet.

Lundi, syndicats et patronat se retrouvent pour la quatrième séance de négociation, après une première séance introductive et deux autres consacrés à l’audition d’experts sur le sujet. La négociation vise notamment à “transposer l’accord européen sur le harcèlement”, signé en avril 2007, mais également à aller au delà du texte.

La prochaine séance devrait notamment être l’occasion pour les partenaires sociaux de s’accorder sur la traduction française de cet accord européen (en anglais).

La CFDT souhaite “un engagement explicite des employeurs” et que l’accord affirme notamment clairement “l’obligation de l’employeur de ne tolérer aucune violence ou harcèlement”, a expliqué Jean-Louis Malys lors d’un point de presse.

Le harcèlement et la violence au travail sont deux risques psychosociaux qui touchent chacun 5% des travailleurs européens, selon une enquête européenne de 2005.

L’accord doit également “définir les différentes formes de violences possibles”, qui vont du manque de respect à une véritable volonté de détruire, a affirmé M. Malys, qui a notamment insisté sur la prévention des violences faites aux femmes: “25% des agressions sexuelles et 4,7% des viols ont lieu au travail”. Selon lui, l’accord devra aussi faire “connaître les facteurs de violence, pour les prévenir”. Certaines populations (salariés précaires, femmes, jeunes) sont en effet plus exposées que d’autres à ces phénomènes, ainsi que certains secteurs comme “l’hôtellerie-restauration, le nettoyage, le médico-légal, les métiers en contact avec le public”, selon la CFDT.

Des organisations du travail, comme “l’individualisation, la mise en concurrence, ou le fait de ne pas protéger les salariés face au manque de soutien” peuvent générer de la violence et du harcèlement, tout comme “certains modes de management”, ajoute la CFDT.

Interrogé sur l’initiative du ministre du Travail Xavier Darcos, qui a demandé aux entreprises de plus de 1.000 salariés d’entamer des négociations sur le stress avant le 1er février, en menaçant d’exposer les récalcitrants à l’opinion publique, M. Malys a jugé que “l’incitation du ministre était “positive”, mais que la stigmatisation était “puérile”. “Les entreprises doivent comprendre que c’est dans leur intérêt”, et ne pas agir “seulement pour ne pas se retrouver sur la liste” des mauvais élèves, a-t-il ajouté.

Selon Henry Forest (CFDT), certaines entreprises croient qu’il faut finir de négocier avant le 1er février, et pour aller vite, proposent des “recettes toutes faites, comme les cellules d’écoute, les téléphones, verts, etc”.

Paris, 18 déc 2009 (AFP)


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