Service à la personne : une année 2008 poussive

Après 15 années consécutives avec des hausses proches des deux chiffres, l’emploi salarié chez les particuliers en France s’est ralenti en 2008 selon un rapport de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss). En cause, la conjoncture morose qui touche le pays depuis l’année dernière. Mais semble-t-il, ce n’est pas la seule raison.

L’employeur particulier serait-il une entreprise comme les autres, contraint de geler les embauches en temps de crise ? C’est ce qui ressort d’un rapport de l’Acoss sur le bilan 2008 des services à la personne. Si 2,1 millions de particuliers employaient un salarié fin 2008, cela ne représentait qu’une hausse de 1,9% par rapport à 2007. Nous sommes très loin des 8% en moyenne annuelle sur les 15 dernières années.

Au premier rang des accusés, la crise qui contraint les ménages à effectuer des arbitrages budgétaires. En temps de crise, les français se recentrent sur les dépenses essentielles. Et visiblement employer un salarié à domicile pour le ménage, le jardinage ou plus étonnant l’aide aux personnes âgées ne fait pas partie des priorités. En revanche, pas question de laisser les enfants livrés à eux-mêmes. Ainsi, le nombre d’employeurs de garde d’enfants à domicile a fait un bond de 7,5% entre 2007 et 2008 contre 6,4% de 2006 à 2007.

Mais tout mettre sur le dos de la crise serait analyser la situation par le petit bout de la lorgnette. Le ralentissement constaté par l’Acoss est également consécutif à la multiplication des entreprises et des associations proposant leur propre service d’assistance. Ainsi le rapport de l’Acoss souligne que le nombre de prestataires agréés par l’Urssaf a grimpé de 12% en 2008 pour atteindre 9 600 établissements et 8 700 entreprises. Et les assurances, les mutuelles ou encore les instituts de prévoyance ne sont pas en reste. AXA, Groupama, la Maif, ou encore AG2R, tous ont développé ces dernières années des services d’aide à domicile.

Un double avantage pour les particuliers qui peuvent continuer de déduire une partie des sommes dépensées de leurs impôts. Mais surtout, ils n’ont plus à se soucier de toutes les contraintes administratives intrinsèques au statut d’employeur (procédure de licenciement, recherche d’un remplaçant…). Seule obligation, payer les facture qu’ils reçoivent. Un bémol tout de même, à prestations équivalentes, l’addition est un peu plus élevée que s’ils étaient directement employeurs.


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