Tarifs Assurances : Vers une hausse inévitable de toutes les assurances

Les Echos ont ouvert un sujet que les assureurs préféraient éviter. Après une hausse généralisée en 2010, une forte hausse des tarifs d’assurance auto en 2011 sera vraisemblablement suivie d’une nouvelle augmentation des prix de toutes les assurances…

Après des années de baisse, les tarifs de l’assurance auto ont été relevés en 2010, tout comme les tarifs de l’assurance habitation ou des complémentaires santé (appelées “mutuelles”). S’il existe plusieurs raisons, la principale réside dans la hausse des sinistres et dans l’obligation, pour les assureurs, d’anticiper pour mieux se couvrir.

Les chiffres des sociétés d’assurances et des mutuelles pour l’année 2009 étaient limpides. Les résultats avaient été bons uniquement grâce au relèvement des marchés financiers – et donc à la meilleure valorisation des actifs détenus – et à un regain d’intérêt pour l’assurance-vie, qui profitait alors d’un taux d’intérêt du livret A moribond.

Dans « l’autre » métier des assureurs, celui de l’assurance des biens, 2009 a été plus compliquée. Les tempêtes, tout d’abord, ont coûté cher aux assureurs. En deux ans, Klaus et Xynthia ont très lourdement impacté les résultats des entreprises d’assurances dommages.

A cela se rajoute une forte sinistralité en automobile. A la différence des évènements climatiques, réassurés par l’État quand ils sont considérés en catastrophe naturelle, les accidents de voiture, bris de glace, vols et autres dommages assurables des véhicules ont augmenté sans que le coût ne puisse être supporté par un tiers.

En parallèle, les coûts de réparation (main d’œuvre, technologie, matières premières) ont également suivi cette tendance, prenant le marché de l’assurance auto à la gorge.

Car depuis une dizaine d’années, l’automobile est bien le produit le plus concurrentiel du monde de l’assurance. Assurance obligatoire, comparée lors du rachat d’un véhicule, bénéficiant de nouveaux arrivants tous les ans, l’assurance auto est en général considérée comme « l’entrée » du client dans l’assurance.

Seulement, tout le secteur a vu son équilibre mis à mal. Des années de baisse des tarifs face à des hausses de coût et de remboursements contraignent les assureurs à des mesures impopulaires, qui vont faire grincer des dents.

Pour les calculs, les états-majors financiers prennent en compte le « ratio combiné ». Mettez dans une colonne « crédits » les primes encaissées et dans une autre « débits », les remboursements versés ainsi que les coûts de fonctionnement.
Au final, et comme pour les dépenses d’un ménage, si les débits sont supérieurs aux crédits, la situation est compliquée. Mais quand elle perdure, il faut agir. Et le seul levier possible reste les tarifs.

Cette hausse, d’un point de vue purement business, est également appelée par les analystes et les agences de notation notamment. Les experts qui suivent le marché ont répété, depuis près d’un an, la nécessaire hausse tarifaire pour retrouver des « marges techniques » plus acceptables. C’est à dire un bénéfice à la hausse et des fonds qui permettent de tenir en cas de gros coup dur.

Cette exigence vis à vis des coups durs viendra même, d’ici 2013, des régulateurs européens. Sans entrer dans les détails, la réglementation évolue actuellement pour que les assureurs intègrent dans leurs stratégies respectives un effort de couverture important pour résister à des crises.

Voilà pourquoi, il a été inévitable qu’en septembre 2009, une première annonce ait été faite pour préparer les consommateurs à une hausse, effective en 2010. Et au cours du premier semestre, les résultats des assureurs ont toujours donné lieu à un discours du même type, parfois à demi-mot, parfois en grande transparence. L’assurance de biens ne pourra s’en sortir qu’en augmentant les tarifs. Il en va de même pour l’habitation et pour la santé, des secteurs tout aussi sensibles aux yeux des assurés.


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