Un échec cuisant, Bill Clinton appelle les démocrates à adopter la réforme de l’assurance maladie

L’ancien président américain Bill Clinton a appelé jeudi les élus démocrates à adopter la réforme de la couverture maladie, mettant en garde contre un échec qui serait selon lui “une erreur colossale” pour le parti de Barack Obama.

“L’Amérique se trouve à un croisement historique”, a observé dans un communiqué l’ancien président, qui s’était lui-même cassé les dents en tentant de réformer le système d’assurance maladie dans les années 1990.

Alors que l’administration Obama espère que le Sénat approuve le projet de réforme avant la fin de l’année, après des mois de discussions, M. Clinton a estimé qu’échouer “si près du but serait une erreur colossale, à la fois politiquement pour notre parti et surtout pour la santé physique, fiscale et économique de notre pays”.

Le parti démocrate de MM. Obama et Clinton est divisé par la réforme, entre une aile droite qui s’inquiète d’un dérapage accru des finances publiques, et une aile gauche qui trouve que l’administration a laissé le Congrès réduire son ambition d’offrir une couverture maladie à tous les Américains.

L’ancien président du parti, Howard Dean, a ainsi appelé jeudi les démocrates à tuer la réforme, pourtant au coeur du programe de M. Obama. “Si j’étais sénateur, je ne voterais pas pour le projet de loi actuel”, a-t-il écrit dans le Washington Post. Selon lui, le texte sorti des négociations sénatoriales “n’est pas une véritable réforme de l’assurance maladie” et ne fait qu’accroître le monopole des compagnies d’assurance en leur versant des millions de dollars d’argent public.

Mais M. Clinton a estimé que le projet méritait d’être adopté. “Le projet de loi est-il tel que je l’aurais écrit moi-même? Non.

Comporte-t-il tout ce que nous voulons? Bien sûr que non. Mais l’Amérique ne peut pas se permettre de laisser le mieux être l’ennemi du bien”, a-t-il dit. “Croyez-en quelqu’un qui sait de quoi il parle: une chance pareille ne repasse pas tous les jours”.

Washington, 17 déc 2009 (AFP)


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