L’assurance des sports extrêmes

Les assurances classiques ou celles souscrites auprès des fédérations sportives sont très souvent insuffisantes lorsqu’on pratique une discipline dite « extrême ». Appelées aussi “sports à risques”, ces activités dangereuses font l’objet de garanties spécifiques et de conditions de souscriptions très précises. Les pratiquants doivent alors prêter une attention toute particulière aux conditions réelles de leur protection.

Il est évident qu’on ne s’assure pas de la même façon lorsqu’on fait du pédalo sur un étang quelques dimanches par an, et lorsqu’on fait du rafting en « eaux noires » trois fois pas semaines. Aujourd’hui se protéger pour la pratique d’un sport est devenu compliqué, d’autant plus s’il est classé comme une discipline à risques. En règle générale, soit les assureurs refusent purement et simplement de vous couvrir, soit le coût des primes est rédhibitoire.

« La classification des sports comme ‘extrêmes’ se fait en fonction des notions de risques cernées par les assureurs. Évidemment, chacun voit un peu midi à sa porte en la matière… », déclare Serge Soriano, PDG de No-Limit Assurances. « Nous sommes spécialisés dans les assurances atypiques et les risques aggravés, notamment en assurance emprunteur. A ce titre, nous couvrons bien évidemment les sports extrêmes qui sont totalement délaissés par les assurances classiques. Actuellement, il y a une très forte augmentation des demandes de contrats en ce qui concerne le parachutisme et les sports aériens », poursuit Serge Soriano.

Aujourd’hui, les sports extrêmes considérés comme les plus dangereux sont en général le ski alpinisme, (skier dans des domaines naturels à forte pente où la chute engendre le décès à plus de 50%), le parapente et les sports aériens, ou encore le canyoning et les sports en eaux vives… Même si les pratiquants sont des sportifs avertis, les disciplines trop dangereuses sont systématiquement exclues des contrats d’assurance décès/invalidité du marché. L’assistance et le rapatriement ne sont pas non plus toujours pris en charge, et les frais de recherche et de secours sont soumis à conditions. En France, la loi dispose de la gratuité des frais de recherches, secours et évacuation, à l’exception formelle du domaine skiable. Les pratiquants sont alors redevables des frais générés par leurs évacuations sur les pistes, l’assurance remboursant ces derniers, à partir du moment où la garantie a été souscrite de manière individuelle.

En ce qui concerne les compétitions, les sports extrêmes y prennent une part de plus en plus importante, été comme hiver. De nouvelles disciplines olympiques ont fait leur apparition (ski-cross par exemple), mais ce sont les X-Games (entendez « Jeux Extrêmes ») qui ont le vent en poupe notamment chez les jeunes. Les derniers Winter X-Games européens, qui se tenaient à Tignes il y a quelques jours,  sont une compétition qu’il faut aussi couvrir.

« L’assurance n’est pas un problème sur ce genre de compétition car tout est encadré. Il n’y pas de free-ride donc les risques d’accidents graves sont rares. Nous assurons les X-Games comme un tournoi de tennis classique, il faut seulement que chaque compétiteur ait une assurance individuelle pour y participer », déclare Gaël Chatelain, le directeur des activités événementielles de Canal+ (co-organisateur des X-Games avec la chaine américaine ESPN).

« Nous souscrivons une Responsabilité Civile classique auprès du courtier en assurance DIOT pour couvrir l’évènement dans son ensemble, protégeant ainsi les organisateurs, le matériel, les tiers et les sportifs. Il y a aussi quelques garanties dommages spécifiques pour du matériel précis comme les dameuses ou les véhicules tout terrain » ajoute Fabien Accad, le responsable juridique et assurances de Canal+. « En réalité, Canal Events (filiale événement de Canal+) et la ville de Tignes se partagent les assurances : la municipalité assure son domaine skiable et ses équipements, nous nous occupons d’assurer l’organisation, la gestion et les infrastructures propres aux X-Games », conclut-il.

Pratiquer un sport n’est jamais sans risque, ainsi il est difficile de s’assurer sans débourser en conséquence. Le parcours est d’autant plus compliqué si le sport est dit extrême, et les conditions de couvertures sont parfois très ardues. Il faut savoir qu’en France, environ 70 % des personnes de 15 ans ou plus pratiquent une activité physique ou sportive, même occasionnellement (Source : Ministère des Sports et de la jeunesse).


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