La couverture des militaires par les complémentaires santé

En juillet 2008, la Mutuelle nationale militaire (MNM), la Mutuelle de l’armée de l’air (MAA) et la Mutuelle de la gendarmerie (MG) ont fusionné pour donner naissance à Unéo. Aujourd’hui, Unéo réunit sous sa bannière 640.000 adhérents et protègent 1,3 millions de personnes, ce qui en fait le leader du secteur des complémentaires santé dédiées aux métiers de l’armée. Une profession qui exige un traitement particulier de la part des mutuelles en matière de prise en charge des soins.

La première particularité à prendre en compte est celle des mutations ou des affectations à l’étranger. Actuellement, 13.000 soldats de la Grande muette sont en opération extérieure en Côte d’Ivoire, au Tchad ou en Afghanistan par exemple. Bien qu’ils soient en territoire étranger, ils restent couverts par leurs complémentaires santé. Comme cela se fait en France, ces dernières complètent les remboursements de soins en prenant en compte le système de protection sociale du pays dans lequel le militaire est affecté.

Une caractéristique qui s’applique également à certains territoires français d’outre mer. Ainsi, Unéo propose une offre pour la Nouvelle-Calédonie, soumise à un régime de l’Assurance maladie différent de celui de la France métropolitaine. Les frais de santé y sont beaucoup plus élevés. Il en va de même pour la part à la charge de la mutuelle. Pour des pays qui n’ont aucun système de protection sociale, elles jouent même le rôle d’Assurance maladie.

Concernant le remboursement des soins ou des médicaments, les complémentaires santé s’adaptent également aux particularités du métier de militaire. Ainsi, les soldats au front ne peuvent généralement pas porter pas de lunettes. Par conséquent, en optique, elles concentrent les remboursements sur les lentilles, jusqu’à 180 euros par an, pour celles prises en charge par la Sécu et 140 euros pour celles non remboursées.

Un rôle social primordial

Concernant le service santé des armées, les taux de remboursement des actes médicaux pratiqués par des spécialistes ou des interventions en hôpitaux militaires sont les mêmes que pour les personnes assujetties au régime général de la Sécurité sociale. Seule exception, les consultations auprès des médecins militaires généralistes qui elles sont gratuites pour les soldats et leurs familles. Il en va de même pour les médicaments prescrits dans le cadre de l’activité des militaires (traitements contre le palud, la dengue…) qui sont également gratuits. Pour le reste, ils sont soumis aux remboursements prévus par la caisse de sécurité sociale.

Les familles de militaire prennent également une place importante dans les offres des mutuelles. C’était même la première vocation de la Mutuelle nationale militaire (MNM) devenue Unéo en 2008. Il s’agissait de couvrir « la veuve et l’orphelin ». Être soldat, c’est être prêt à risquer sa vie. Le rôle social des complémentaires santé est donc primordial. A ce titre, les enfants des soldats décédés restent couverts jusqu’à leur 21 ans. La garantie « aide aux blessés » prend en charge l’acheminement de la famille au chevet du soldat blessé (transport, hébergement…).

Les spécificités de la MNM, la MAA et la MG dans ce domaine en particulier ont d’ailleurs été conservées pour cet aspect social. Car gendarmes, militaire de l’armée de l’air, de la marine ou de l’armée de terre ne sont pas soumis aux mêmes risques dans le cadre l’exercice de leur activité ou aux mêmes réglementations, comme pour l’âge des départs à la retraite par exemple. La protection et la prise en charge de leur famille se doit donc d’être adaptée à chacune de ces carrières.

Crédit photo : Mateus_27 – Flickr

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