Dossier intempéries : 30 ans de catastrophes mondiales

Les iles du Pacifique ont été une nouvelle fois touchées par un violent tsunami causant le mort de dizaines de personnes et ravageant tout sur son passage. Une catastrophe qui vient allonger une liste longue de presque 10 000 évènements de même nature, comme le révèle une étude de l’Organisation des nations unies (ONU) effectuée sur les 30 dernières années.

8 866 catastrophes naturelles ont été recensées dans le monde par les experts de l’ONU sur une période courant de 1975 à 2008. Un déchainement des éléments qui a coûté la vie à plus de 2,2 millions de personnes (2 284 000). C’est comme si toute la ville de Paris avait été rayée de la surface de la Terre. Le rapport de l’UNISDR, branche de l’ONU dédiée à la stratégie de réduction des désastres, de mai 2009, dresse ainsi le bilan de ces 30 dernières années en terme de catastrophes naturelles.

Principales victimes, les pays dits pauvres. En effet, exception faite de la canicule qui avait fait plus de 56 000 morts à travers toute l’Europe en 2003 et des 17 127 victimes du tremblement de Terre d’Izmit en Turquie en 1999, aucun membre de l’OCDE ne figure dans la liste des 23 territoires ayant connu plus de 10 000 pertes à la suite d’une catastrophe naturelle. Les principaux lieux touchés restent les pays émergents ou en voie de développement. Ainsi, tout en haut de cette liste, c’est la grande sécheresse de l’Éthiopie de 1983 qui reste toujours, 26 ans après, l’évènement le plus meurtrier. 300 000 personnes avaient perdu la vie, juste devant le tremblement de terre de Tangshan en Chine en 2006 (242 000 morts) et le tsunami de 2004 (226 408 victimes).

En revanche, si l’on se penche sur les pertes financières engendrées par les désastres naturels, c’est un tout autre son de cloche. Sur les 30 dernières années, l’UNISDR dénombre 26 catastrophes ayant causé plus de 10 milliards de dollars de dommages, pour un total cumulé de 607 milliards de dollars. 60% d’entre elles ont touché des membres de l’OCDE, dont 40% pour les États-Unis. Ce sont d’ailleurs les dégâts causés par l’ouragan Katrina en 2005 qui détiennent le record avec 125 milliards de dollars. Suivent le tremblement de terre de Kobé au Japon en 1995 (100 milliards de dollars) et celui du Sichuan en Chine en 2008 (30 milliards). La France quant à elle ne figure pas dans cette liste.

Un avenir plutôt sombre

Au regard des conclusions du Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la tendance, dans les prochaines années, sera plutôt à une amplification des catastrophes naturelles. Il faut s’attendre à une augmentation des zones de sécheresse, de l’intensité et de la durée des tempêtes tropicales ou de la fréquence des précipitations pour les régions tempérées.

Loin de tomber dans le fatalisme, l’ONU lançait en 2005 le Cadre d’action de Hyogo (CAH) dont l’objectif est de « réduire de manière substantielle les pertes en vies humaines et les dommages subis par les collectivités et les pays sur le plan social, économique et environnemental causés par les catastrophes. » Cinq orientations ont ainsi été fixées aux pays signataires du CAH :

  • Veiller à ce que la réduction des risques de catastrophes soit érigée en priorité nationale et locale et à ce qu’il existe un cadre institutionnel solide pour ces questions

  • Mettre en évidence, évaluer, surveiller les risques de catastrophe et renforcer les systèmes d’alerte précoce.

  • Utiliser les connaissances, les innovations et l’éducation pour instaurer une culture de sécurité à tous les niveaux de la société.

  • Réduire les facteurs de risque sous-jacents en évitant par exemple la construction d’habitation dans des endroits exposés aux aléas

  • Renforcer la préparation aux catastrophes afin de pouvoir intervenir plus efficacement lorsqu’elles se produisent.

A ce jour, 168 pays, dont la France, ont ratifié le CAH et se sont ainsi engagés à remplir ces objectifs d’ici à 2015.


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