Dossier « Cannes et cinéma » : Quand les producteurs assurent (presque) tout

    Dans la « grande famille » du cinéma, les producteurs permettent aux films de voir le jour. Principaux financiers, ils sont également très présents dès la préparation, tant pour le casting que pour les choix de certains éléments. Assez logiquement, ils supportent également une grande partie des assurances liées à un film.

    Assurer un film, c’est assurer à peu près tout ce qui concerne le film, et c’est aux maisons de productions de faire ce travail. « Dès que nous retenons un scénario, nous essayons de voir les scènes qui vont demander des besoins spécifiques en assurances. Un plan en hélicoptère, par exemple, retient tout de suite mon attention » explique Marianne Germain, directrice de production qui a notamment travaillé sur Le Nom des gens, présenté jeudi en ouverture de la semaine de la critique à Cannes.

    Dans tous les cas, les assureurs spécialisés reçoivent le scénario dès qu’un film se prépare. Ces spécialistes sont en effet les plus à même de détecter des risques que même l’œil d’un producteur n’a pas détecté.

    La seconde étape consiste à envoyer toutes les personnes « clefs » chez… le médecin référent de l’assureur. « Les comédiens des premiers et seconds rôles, mais parfois également d’autres moins visibles dans le film doivent impérativement passé un examen médical. Le réalisateur et le chef opérateur doivent aussi passer par là » ajoute Marianne Germain.

    Outre ces assurances « hommes clefs » que souscrivent également des entreprises dont une ou plusieurs personnes sont jugées indispensables, les sociétés de production sont également soucieuses de se protéger contre les aléas qui touchent les décors, le matériel mais également les ordinateurs de l’équipe ou l’argent liquide disponible pour l’équipe lors des tournages.

    Certificat du médecin

    Surtout, la production assure les « supports » du film, c’est à dire les bandes sur lesquelles sont enregistrées les prises. « En dix ans de carrière, je n’ai eu que deux sinistres. A chaque fois, c’est une bobine qui est rendue inutilisable et nous avons été obligé de retourner la scène. Le coût est alors supporté par l’assurance » révèle Marianne, qui reconnaît n’avoir jamais été tentée par l’auto-assurance, c’est à dire mettre une partie du budget de côté en cas de problème.

    Enfin, l’assureur, comme pour une assurance habitation classique, est un expert qu’il est parfois bon de consulter. « Lorsque je me pose des questions sur des clauses pour la location de décors par exemple, je l’appelle. Il me donne des conseils qui me sont souvent précieux » conclue Marianne Germain.

    « Nous avons tourné un jour une scène de nuit alors qu’il faisait très froid. Les figurants n’avaient pas prévu de rester plusieurs heures dehors par ce temps. D’un coup de téléphone, nous avons demandé à notre assureur si nous devions annuler le tournage, mais il nous a couvert et tout a pu se passer normalement » explique Fabrice Goldstein, producteur chez Karé Productions.

    En dehors des films, les sociétés de productions sont de très petites structures qui emploient des intermittents pour les « projets » qu’elles développent. « Le bien le plus précieux que nous ayons est une caméra, d’une valeur de 3.000 euros. La société est assurée chez un assureur classique. Nous n’avons pas de besoin spécifiques. La particularité de notre métier ne s’exprime que lorsque un film se prépare.

    Crédit Photo : Jakob Montrasio – Flickr

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