Dossier « agriculteurs » : les risques à couvrir pour l’agriculture

    Les agriculteurs représentent une corporation à part dans le monde de l’assurance du fait de la nature même des risques auxquels ils sont exposés. Si le climat reste le meilleur allié de l’agriculteur, il peut aussi se muer en ennemi impitoyable dévastant tout sur son passage. De nouveaux risques liés à la variation du cours des denrées alimentaires ont rendu en outre un peu plus aléatoire la pratique de ce métier.

    Grêle, orage, tempête, sécheresse : ces dernières années, les agriculteurs n’ont pas été épargnés par les catastrophes naturelles. Bien que l’aléa climatique fasse partie de leur quotidien, il n’en demeure pas moins qu’il est difficile de se remettre à flot lorsque toute une récolte a été réduite à néant par les caprices de la météo. La météo, voilà bien le premier risque auquel sont soumis les agriculteurs. Il y a quelques siècles, une mauvaise année de récolte et c’était tout un pays qui criait famine.

    En 1692, un été trop pluvieux avait hypothéqué la récolte de l’année suivante. Près d’1,5 millions de français étaient décédés des suites de maladies liées à une sous-alimentation. Aujourd’hui, la diversité des sources d’approvisionnement et l’agriculture intensive nous mettent à l’abri de ce genre d’épisodes. En fait, les agriculteurs sont désormais les seuls à pâtir des mauvaises années de récoltes, puisqu’il c’est leur gagne-pain qui est en jeu.

    La météo n’est pas la seule responsable des fluctuations de rendements. La nature a également mis les insectes et les maladies sur la route des agriculteurs. Une simple larve peut dévaster à elle seule des hectares de plantations. C’est notamment le cas de cette larve de papillon qui dévore les plants de tomates dans le Sud de la France.

    Mondialisation synonyme de nouveau risque ?

    Un nouveau risque a fait son apparition ces dernières années. Il concerne les variations du prix des denrées alimentaires. Pendant longtemps, le Politique agricole commune (PAC), mise en œuvre en Europe, a protégé les intérêts des agriculteurs français et de toute l’Union. Elle avait instauré une certaine forme de contrôle des prix, de la production et les barrières douanières préservaient les débouchés pour le monde agricole en Europe. Mais les réformes successives de la PAC et les exigences de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ont fait sauté une grande majorité de ses carcans. Les agriculteurs français, déjà concurrencés par plusieurs pays européens, se sont retrouvés sur un marché totalement libéralisé.

    Cette mise en concurrence et une dépendance accrue vis à vis de la grande distribution ont fait plonger un peu plus la profession qui, aujourd’hui, a bien du mal à joindre les deux bouts. D’après les chiffres de l’Insee, les revenus des agriculteurs français ont chuté de 10,5% entre 2007 et 2008 et de 20% entre 2008 et 2009. Nombre d’exploitations sont en état de quasi faillite ou de surendettement. Certains acteurs de l’assurance, notamment Groupama, leader historique de la protection des agriculteurs, planchent actuellement sur de nouvelles formes de garanties pour sortir la profession de ce marasme économique. Il s’agit principalement de trouver des solutions pour compenser la variation des cours. Un sujet qui sera l’objet de la deuxième partie de ce dossier.


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