Dossier : Catastrophes naturelles à répétition, quelles conséquences pour les assurés ?

    En 2009 et depuis le début de l’année 2010, les catastrophes naturelles se sont multipliées sur le territoire français. Des catastrophes d’ampleur qui, mises bout à bout, ont coûté des millions, voire des milliards d’euros au secteur de l’assurance. Cette hausse de charges devrait surement avoir des conséquences sur les tarifs pour les assurés.

    Le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles est financé selon un principe de solidarité. Il est alimenté grâce à un prélèvement de 12% sur toutes les primes d’assurance de biens et 6% des primes automobile. Pourtant devant la recrudescence des évènements qui ont frappé la France ces derniers mois, certains voix commencent à s’élever sur le manque de ressources du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles. « Le principe de solidarité ne reflète pas le prix réel ».

    Selon la mission d’enquête sur le régime d’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles, jusqu’en 1989, les assureurs étaient globalement bénéficiaires par rapport aux règles de financement du régime « Catnat ». A partir de 1990, le niveau des indemnisations versées a plusieurs fois dépassé les primes collectées. Autrement dit, les assureurs déboursaient plus que ce qu’ils n’encaissaient dans le cadre du régime des catastrophes naturelles. Le ratio charge/primes était régulièrement au-dessus des 100%, avec une pointe à 171% en 2003 au moment de la canicule.

    Et ces dernières années, la Nature ne s’est pas calmée. Au contraire. En 2009, les tempêtes Klaus, Quinten conjuguées à la crise économique avaient fortement impacté les comptes d’exploitation des compagnies d’assurances et dès 2010, les primes des contrats habitations avaient été réévaluées. Au 1er avril dernier, les hausses pour les assurés Axa variaient entre 5 et 8%, elles étaient en moyenne de 6% pour la Macif, ou encore de 5% pour la Maif au 1er janvier.

    Mêmes motifs, mêmes répercussions en 2010 ? En habitation il est désormais presque acquis que les tarifs augmenteront. Les dommages du passage de Xynhia en février, les inondations du Var en juin pèseront lourd dans le bilan des compagnies d’assurance et dans la décisions de réajuster le niveau des cotisations. En automobile, la hausse de la sinistralité et des statistiques de vol toujours élevées entraîneront surement les assureurs à revoir leurs tarifs. La Maaf, qui n’avait pas touché au montant des cotisations pendant six années consécutives, ne pourra surement pas reconduire sa politique à l’horizon 2011, comme l’expliquait son président, Étienne Couturier, à notre micro.

    Il faudra donc bien vérifier ses contrats d’assurance auto et habitation au moment de la date anniversaire et du paiement de la cotisation pour voir dans quelles mesures les différentes catastrophes naturelles ont été répercutées sur les tarifs.

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