Dossier : Comment limiter les effets des catastrophes naturelles ?

    Les catastrophes naturelles se sont enchaînées ces dernières années. Et les perspectives pour les vingt prochaines années ne sont guère réjouissantes à en croire la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), et les conclusions des experts sur l’évolution du climat. Mettre en œuvre des mesures pour limiter les effets de des tempêtes, cyclone, inondations et autre tremblements de terre va donc devenir crucial.

    La tempête Xynthia et les intempéries dans le Var auront fait près de 80 morts. Une véritable tragédie qui aura au moins eu le mérite de faire bouger les pouvoirs publics. Le gouvernement vient en effet d’annoncer que plus aucune maison ne sera construit en zone rouge. Encore faut-il les identifier. Car ces dernières années, les permis de construction en zones potentiellement inondables ont été délivrés à tour de bras. Selon Guy Carpenter, spécialiste de la gestion des risques, depuis 1996, près de 200.000 logements ont été construits dans ces zones en question. Au total, 16.939 communes sont menacées, ce qui représente 10% de la population française.

    Pourtant depuis 1995 et la loi Barnier, les préfets doivent superviser la mise en place des Plans de prévention des risques d’inondation (PPRI) sur leur territoire respectif. Ils ont notamment pour objectif d’identifier les zones inondables et ainsi de mieux gérer l’implantation et la répartition des bâtiments dans les périmètres concernés. Mais, sur les près de 17.000 communes censées élaborer un PPRI, 3.500 n’ont toujours rien lancé.

    Un pré-rapport de la mission commune d’information sur les conséquences de la tempête Xynthia rendu public le 17 juin fustigeait les graves insuffisances de la France en matière de prévention des risques naturels. Parmi les lacunes relevées par les parlementaire : « une vigilance insuffisamment opérationnelle », « une prévention insuffisante du risque de submersion marine », « une gestion des digues critiquables » ou encore « une exposition des sols exposant au risque d’inondation ». A ce propos, Chantal Jouanno, secrétaire d’État à l’écologie, assure que la cartographie des zones à risques sera prête en 2011.

    Plus de vigilance, plus de prévention et plus de responsabilisation

    Le pré-rapport préconise quelques mesures destinées à réduire l’impact des catastrophes naturelles. Il propose notamment la mise en place « d’un véritable système d’avertissement destiné aux autorités et aux populations, reposant sur : une prévision de hauteur d’eau, réalisée à partir de l’intégration des informations produites par le SHOM (marée) et Météo-France (vagues, surcotes) et un avertissement explicite et lisible du niveau de risque à l’échelle du littoral d’un département, basé sur un code couleur, un pictogramme spécifique  ». Il se positionne également contre la construction de nouvelles digues qui ne seraient qu’un prétexte pour construire des habitations dans des zones potentiellement inondables.

    Le secteur de l’assurance pointe également les nombreux points noirs de la gestion des risques naturels en France. « Le principal problème tient au fait que la société crée du risque. Il n’y pas eu d’évolutions majeures dans les techniques de construction » souligne Philippe Marie-Jeanne, directeur technique dommage chez Axa France. Certains souhaiteraient en outre une plus grande responsabilisation des assurés. Ils dénoncent notamment le risque de résurgence de sinistres plus importants pour les assurés qui repoussent la réparation de leur habitation endommagée.

    Certains prônent enfin une meilleure coordination des plan de gestion des évènements d’ampleur. Pour le moment, chaque compagnie travaille de son côté. Une mise en commun permettrait d’optimiser les gestion des catastrophes naturelles. Ce serait logique pour un système qui repose sur le principe de solidarité.

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