Dossier: incendies, quelle prise en charge pour les grands brûlés ?

    Outre les dégâts matériels considérables que cause un incendie, il arrive malheureusement que des personnes soient gravement touchées lors des sinistres liés au feu. Avec plus de 3.600 grands brûlés chaque année en France et 1.000 décès, la brûlure constitue la deuxième cause d’accidents mortels en France. Avec des souffrances longues et douloureuses, il est intéressant de savoir sous quel régime d’assurance sont indemnisées les victimes des flammes, et comment sont pris en charge leurs soins si spécifiques.

    La brûlure est l’un des accidents les plus fréquents au quotidien, même si elle n’est pas toujours liée à un feu d’habitation. De plus, chaque brûlure est spécifique, avec une importance et une étendue différente suivant les cas. En ce qui concerne les grands brûlés, les lésions sont en général très graves et nécessitent des interventions lourdes et régulières pour reconstruire les tissus abîmés. Lorsque des brûlures graves sont dues à un feu de logement, plusieurs assurances peuvent entrer en jeu afin de vous indemniser. Entre garantie incendie incluse dans un contrat multirisques habitation, assurance décès ou invalidité, garantie des accidents de la vie, assurance scolaire, assurance individuelle accidents, contrat obsèques ou encore garanties de remboursement de frais de soins, c’est à chacun de vérifier son contrat pour savoir comment il est couvert.

    Dans cette multitude de possibilités, l’assurance « blessure / brûlure » ressort comme la plus efficace. En règle générale, elle prend en charge les personnes brûlées gravement et indemnise ces dernières en fonction de la surface du corps touchée par les flammes. Suivant les compagnies d’assurance, le remboursement des soins s’élève en moyenne à 3.000 € maximum (pour près de 25% de la surface du corps brûlée).

    Il existe aussi trois degrés de brûlures. Le premier degré comprend les brûlures légères et de petite taille. Le deuxième prend en compte les brûlures avec des cloques sur la peau, puis vient le troisième degré, lorsque l’épiderme est carbonisé et que la blessure nécessite une hospitalisation d’urgence. Pour les brûlures considérées comme graves, c’est à dire quand plus de 25% de la surface du corps est brûlée, ce sont les organismes de santé spécialisés (Assurance maladie, fonds d’indemnisation spécialisés…) qui prennent alors en charge les soins et les thérapies nécessaires, ainsi que les préjudices fonctionnels, sexuels et psychologiques des victimes.

    La prise en charge dépend donc de l’état de chaque patient, et l’indemnisation se fait alors au cas par cas. On sait par exemple selon l’ABF (Association des brûlés de France) que les cures thermales sont en moyenne remboursées à hauteur de 65 % par exemple, les opérations de chirurgies réparatrices peuvent quand à elles indemniser à 100%. Les greffes de peau obligatoires pour les personnes brûlées au troisième degré sont elles aussi prises en charge, mais cela dépend de l’étendue des chairs carbonisées. Idem pour la culture de cellules d’épiderme pour obtenir une peau artificielle. Autre exemple, le remboursement des vêtements compressifs pour grands brûlés est dans la plupart des cas de 70 %.

    Pour certains cas encore plus graves avec des thérapies très longues, les grand brûlés peuvent être mis sous le régime de l’ALD (Affections longue durée) et voir leurs soins remboursés totalement par la caisse d’assurance maladie. Les brûlures graves font, dans ce cas partie, des « affections hors liste » au même titres que les maladies graves invalidantes, comportant un traitement prolongé d’une durée prévisible supérieure à 6 mois et une thérapeutique particulièrement coûteuse.


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