Dossier : L’assurance santé vers une hausse forte des tarifs

    A la différence des assurance habitations ou auto, les complémentaires santé, qu’elles soient individuelles, collectives, distribuées par des mutuelles ou des assureurs, sont en hausse en 2010… comme en 2009. Une tendance lourde qui s’explique par plusieurs facteurs.

    « Les tarifs des mutuelles augmenteront en moyenne de 5% » expliquait il y a à peine un mois Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité Française, qui regroupe les principales mutuelles santé.
    5% de hausse, ce n’est qu’une moyenne, et nombre de lecteurs n’ont pas hésité à nous laissé des commentaires pour nous expliquer que pour eux, les tarifs avaient augmenté de manière plus visible et plus forte.

    Les nouveaux tarifs des complémentaires santé s’expliquent par plusieurs points. D’une part, il y a la hausse constante des dépenses de santé. Les assureurs ne peuvent travailler à perte, et plus ils remboursent aux assurés, plus ceux-ci paient, l’année suivante, de cotisation. Le système de « mutualisation » de l’assurance fait que les dépenses sont réparties sur tous les contrats. Chaque assuré paye donc sans pour autant avoir été plus indemnisé l’année précédente.

    Autre raison, les déremboursements et les « transferts de charges » de l’assurance maladie imposé par les gouvernants. Moins le régime obligatoire (Assurance Maladie, RSI, MSA ou autre) rembourse, et plus l’assureur a une part importante à prendre charge. Même mécanisme que ci-dessus, mêmes effets. « C’est toujours au final dans la poche des concitoyens que l’argent est prélevé » ont coutume de dire les associations de défense des patients ou des consommateurs.

    Tout est répercuté par les assureurs

    Dans une logique moins visible, il faut savoir que les tout organisme proposant des assurances santé complémentaires est taxé par l’État pour participer au fonds CMU. Le financement de la Couverture maladie universelle est en effet du ressort des assureurs santé, mutuelles, institutions de prévoyance ou assureurs privés.
    Cette taxe, en 2009, est passée de 2,5% à 5,9% des cotisations perçues. Cette évolution de 3,4 points est de fait reporté sur les assurés.

    Enfin, beaucoup d’assureurs tentent de faire passer dans les nouveaux tarifs des inclusions ou des extensions de garanties. Ainsi, la dépendance, sujet phare de 2010 est intégrée dans les cotisations de la MGEN qui a vu ses montants augmenter de plus de 10% pour les salariés, et près de 15% pour les retraités. La mutuelle des enseignants explique également que ses tarifs, indexés sur les revenus des enseignants, n’avaient pas été modifiés depuis 2003…

    Les problèmes de pouvoir d’achat poussent en effet les français à s’assurer « moins », c’est à dire avec des garanties moins importantes. Face à ce problème, les assureurs ont décidé d’inclure plus de choses, de modifier un peu leur produit, pour les rendre attractifs malgré les hausses de tarifs. Des hausses également bienvenues au moment où les assureurs ont besoin de solidifier leurs fonds. Si c’est aux dépenses que sont imputables une bonne partie des augmentations, c’est aussi un moyen, malgré la grande concurrence des différents acteurs sur ce secteurs, d’augmenter les bénéfices d’une branche de l’assurance qui intéresse maintenant tout le monde.


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