Dossier : Le marché de l’assurance obsèques en manque de transparence

    En 1993, le marché des services funéraires, jusque là réservé aux seules municipalités, a été ouvert à des opérateurs privés. L’objectif sous-jacent était de faire baisser les prix en favorisant la concurrence.

    Une étude publiée par l’UFC-Que Choisir en octobre 2008 révèle qu’en 15 ans, les prix n’ont cessé de grimper, comme l’explique Gaëlle Patetta, directrice du service juridique de l’UFC-Que Choisir.

    Que doit on retenir de votre étude ?
    Gaëlle Patetta : Nous sommes face à un marché extrêmement opaque qui souffre d’un manque de lisibilité, principalement sur les services rendus. A titre d’exemple, certains professionnels rendent obligatoire les soins de conservation apportés aux corps du défunts alors qu’ils ne sont imposés que dans des cas bien précis comme lorsque le corps a été rapatrié d’un pays étranger. Nous avons ainsi trouvé sur certains contrats jusqu’à 47 prestations rajoutées sans justification apparente.

    Quelles conséquences pour le consommateur ?
    Une addition salée. Le coût moyen pour une inhumation avoisine les 4000 euros. C’est 35% de plus qu’il y a 10 ans alors que l’ouverture à la concurrence privée aurait dû tirer les prix vers le bas. Mais les écarts de prix entre deux entreprises de pompes funèbres sont tout simplement aberrants. Pour des demandes identiques, nos enquêteurs se sont vus délivrés des devis allant de 1500 euros à plus de 10000 euros. Autrement dit, il existe pratiquement autant de devis différents que de prestataires. Il est par conséquent quasiment impossible pour le consommateur de s’y retrouver et de faire jouer la concurrence entre les opérateurs.

    Comment y remédier ?
    Nous proposons la création d’un devis-type au niveau national permettant aux consommateurs de réellement comparer point par point les services proposés par les différents prestataires et ainsi de faire jouer la concurrence. Cette proposition été reprise dans la loi portant réforme de la législation funéraire adoptée par le Parlement en décembre 2008. Mais cette mesure reste pour le moment incitative. Aucune application réglementaire n’impose aux prestataires de service d’aligner leurs devis sur le modèle national.


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