Dossier : les assurances pour la communauté homosexuelle

    Depuis quelques années, plusieurs courtiers et compagnies d’assurances ont développé des produits spécialement étudiés pour la communauté homosexuelle. C’est du moins sous cette appellation qu’ils sont vendus. Car l’idée d’une gamme ciblant les gays est loin de faire l’unanimité.

    Pas toujours facile de s’assurer lorsque l’on est gay, surtout en assurance emprunteur ou en santé. Pour les assureurs, c’est en effet une population “à risque” principalement par rapport à une sur-représentativité des cas de séropositivité. Il est pourtant très difficile d’avoir des statistiques fiables sur ce sujet en particulier. Une étude l’Institut de veille sanitaire (InVS) menée en 2003 soulignait toutefois que « une découverte de cas de séropositivité sur quatre concernait une personne homosexuelle. »

    En outre « la prévalence du VIH chez les homosexuels sexuellement actifs est près de 120 fois plus élevée que chez les hétérosexuels » indiquait le rapport. On comprend dès lors la frilosité du secteur de l’assurance à se pencher sur le cas de la communauté gay. April assurances a bien tenté l’expérience en créant Solidaris. Une complémentaire santé ainsi qu’une assurance de prêt entièrement dédiée aux gays avaient alors été développées. « La principale spécificité consistait à faire des formules couples. D’un point de vue purement administratif nous rencontrions des difficultés lorsque nous rentrions deux fois Monsieur ou Madame dans nos bases informatiques. Le système bloquait quand le sexe du conjoint était le même que celui de l’assuré » souligne un ancien collaborateur de Solidaris. Le contrat proposait également une protection juridique sur les questions de l’homophobie, quel que soit l’aspect qu’elle revêtait.

    Mais la mutuelle santé a été abandonnée et Solidaris absorbée au sein de April Groupe. L’assurance de prêt existe toujours. « Aujourd’hui nous donnons suite à environ 75% des demandes via des contrats incluant des garanties décès et perte d’autonomie. Pour le reste, nous leur proposons systématiquement une couverture accident » poursuit cet ancien collaborateur de Solidaris. Ces contrats ont toutefois un coût par rapport à une assurance emprunteur classique. Les primes sont en effet majorées.

    Ce qui fait dire à certains que l’assurance pour homosexuels n’est pas un marché en tant que tel. Lorsqu’ils sont malades, ils rentrent dans la catégorie des personnes présentant un risque de santé. Quand ils sont en bonne santé, nul besoin de faire de contrats spécifiques tant il existe d’offres sur le marché.

    CP : Stefan-Flickr

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