Dossier : les réseaux et les plateformes santé des complémentaires

    Ces dernières années, plusieurs organismes complémentaires ont décidé de se réunir au sein de réseaux pour peser face aux prestataires de santé. Santéclair et plus récemment Kalivia ont ainsi vu le jour. Ils proposent à leurs assurés des rabais sur le coût des soins, notamment en optique ou en audition, ainsi que des guides pour les orienter vers les établissements qui correspondent au mieux à leurs besoins.

    Soins dentaires, optiques, auditifs ou encore chirurgicaux sont souvent très chers et très mal remboursés par l’Assurance maladie, mais également par les contrats de base des organismes complémentaires. Résultat, nombre d’assurés sociaux repoussent jusqu’au dernier moment leur visite chez ces spécialistes. Certains renoncent même à consulter pour se faire soigner par peur de gréver un budget trop serré. Face à ce constat plusieurs mutuelles et compagnies d’assurance ont fait le choix de se réunir sous la bannière d’une plateforme santé et de créer leur propre réseau. Maaf, MMA, Axa, Allianz disposent désormais leur pool de prestataires de santé, sorte de cercle de confiance dans le domaine de la santé.

    A quoi servent donc ces réseaux santé ? En premier lieu, ils ont une mission d’information auprès des assurés. Ce sont avant tout des plateformes téléphoniques. Des conseillers répondent aux questions sur les différents traitements possibles pour une maladie, sur un diagnostic ou sur la santé en général (facteurs de risque, affections héréditaires, prévention, dépistage…), le tout validé par un collège d’experts médicaux et scientifiques.

    Autre volet développé par ces réseaux, le service d’orientation. Quel établissement choisir pour le traitement du cancer colorectal ? A qui s’adresser pour arrêter de fumer ? Où trouver de l’aide pour un proche atteint par la maladie d’Alzheimer ? Pendant longtemps les assurés devaient se débrouiller par eux-mêmes pour trouver les réponses à ces questions. Un véritable chemin de croix pour certaines situations. Les réseaux développés par les mutuelles, les compagnies d’assurance et les institutions de prévoyance cornaquent leurs adhérents pour personnaliser leurs parcours de soins et faciliter leurs démarches. Cela passe par une géolocalisation des services de soins concernés, voire, dans certains cas, par l’édition d’un palmarès des meilleurs établissements en fonction des soins requis ou de son budget.

    Tout le monde y gagne ?

    Le plus gros réseau dans le domaine de l’information et de l’orientation en santé demeure « Priorité santé mutualiste » créé par les mutuelles adhérentes à la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF). Mais, outre ces missions d’information et d’orientation, les plateformes santé permettent bien souvent de bénéficier de tarifs préférentiels sur certaines prestations médicales.

    Le réseau Santéclair, qui regroupe notamment Maaf, MMA ou encore Allianz, annonce ainsi des baisses tarifaires pour le moins intéressantes. Les accords passés avec les pharmacies, les opticiens, les audioprothésistes et certains professionnels de santé « permettent notamment de bénéficier de prix inférieurs à ceux habituellement constatés: en moyenne 15 à 20% sur les prothèses dentaires, 40% sur les verres optiques, 40 à 50% sur les audio-prothèses »

    Les professionnels du monde médical et paramédical semblent également gagnant dans cette affaire. C’est ce que confiait Christophe Bochu, opticien à Boulogne, à notre micro. « Nous avons renouvelé une clientèle beaucoup plus jeune. Cela permet également de fidéliser nos clients grâce à des grilles tarifaires avantageuses. »

    Pour bénéficier de ces réseaux et de ces plateformes santé, il suffit d’être adhérent d’une mutuelle, d’une compagnie d’assurance ou d’une institution de prévoyance qui propose ce service. Des codes d’accès sont alors envoyés aux assurés. C’est le sésame pour se connecter sur leurs portails internet et profiter des différentes fonctions d’information, d’orientation et des avantages tarifaires. Ces services restent toutefois limités à quelques spécialités médicales.

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