Dossier : Qu’est-ce que l’assurance dépendance ?

    En plein débat sur le vieillissement de la population et le financement des retraites, la dépendance est un enjeu  pour la société comme pour le secteur de l’assurance pour les prochaines années. La perte d’autonomie fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions, et pour cause, l’assurance dépendance en France est le second marché privé au monde après celui des États-Unis : de quoi envisager des perspectives prospères.

    Avec 2 millions de personnes couvertes par les sociétés d’assurances (et 1 millions de personnes couvertes par les mutuelles et les institutions de prévoyance), le marché de la dépendance est très porteur dans l’hexagone. Aujourd’hui, environ 7 % des personnes de plus de 60 ans sont dépendantes en raison d’une maladie invalidante, (dont plus des deux tiers souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre démence). Selon les projections démographiques, si ce pourcentage reste stable, le nombre de personnes dépendantes serait de 1,2 millions en 2020 et de 1,4 millions en 2030.

    Les premiers contrats d’assurance dépendance ont été commercialisés dans les années 80. Aujourd’hui, la dépendance peut être couverte par deux types de contrats : les contrats prévoyance pour lesquels la dépendance est la garantie principale (95 % du marché selon la Fédération française des sociétés d’assurance – FFSA), et les contrats d’assurance vie pour lesquels la couverture du risque dépendance correspond à une garantie complémentaire ou optionnelle. En règle générale, les contrats dépendances sont souscrits à titre individuel et sont facultatifs. Cependant, ils peuvent être souscrit également dans le cadre d’une entreprise ou d’un groupement mutualiste.

    En règle général, un âge minimum est requis pour souscrire un contrat dépendance (18 ans) ainsi qu’un âge maximum (77 ans). L’âge moyen réel de souscription se situe néanmoins autour de 60 ans, ce qui correspond à l’âge moyen de départ à la retraite. Les contrats  prennent également en compte le degré de perte d’autonomie qui est évalué selon la grille nationale AGGIR (Autonomie gérontologie groupes iso-ressources). Les garanties forfaitaires présentes dans les contrats prévoient alors le versement d’indemnités sous forme de rente en cas de perte d’autonomie reconnue (cette rente peut parfois s’accompagner d’un capital équipement et d’offres d’assistance et de services).

    Aujourd’hui, l’assurance dépendance touche près de 3 millions de personne dans le pays, soit un taux d’équipement de 30% pour un marché potentiel de 8 à 10 millions de personnes (Enquête 2006 FFSA/CSA). Avec le vieillissement de la population, la question du financement de cette dépendance se pose. La cour des comptes a ainsi estimé que le coût de la dépendance en 2020 se situerait entre 7,43 et 11,33Mds d’euros, d’où l’enjeu du 5e Risque, objet d’un prochain article sur le sujet dans ce dossier.


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