Grippe A: les couacs de la vaccination !

Quelques semaines après la mise en place d’un grand plan de vaccination national pour enrayer le virus de la grippe A et protéger les personnes les plus fragiles, des dysfonctionnements persistent. Le gouvernement doit faire face à de nombreux problèmes logistiques et surtout à la grogne d’un public mal informé qui doit souvent patienter très longtemps avant de pouvoir obtenir la fameuse piqûre, elle aussi controversée…

Après une début de campagne de vaccination timide, c’est à présent le rush pour se faire vacciner contre le virus H1N1. Le public ne boude plus les centres de vaccination, mais le fonctionnement laisse à désirer, le personnel et les infrastructures ne suivent pas et se faire piquer devient parfois une galère.

Parmi les couacs de la vaccination, on peut d’abord parler des ruptures de stocks de vaccins pour les enfants. En effet, les doses qui ne contiennent pas d’adjuvant font défaut dans certaines régions et les préfectures se retrouvent débordées de demandes… Outre l’attente avant de pouvoir accéder aux soins, ce sont de nombreuses personnes qui se sont vues redirigées avec leurs convocations vers d’autres lieux de vaccination mieux approvisionnés, parfois à des kilomètres de chez eux…. Certains témoignages attestent que pour palier ce manque, on proposait des vaccins avec adjuvant aux enfants mais avec des doses moins fortes, malgré les risques…

Dans un second temps, les cafouillages sur les bons de vaccination se multiplient. C’est la CPAM de chaque région qui fait face aux demandes nombreuses de changements d’affectations. Parfois c’est le manque de place qui joue, car certains centres sont trop petits et n’ont pas la place pour vacciner correctement les familles. Le manque d’organisation et le délai d’attente sont bien sûr le cauchemar des « accédants » au vaccin. En effet, rien ou presque n’a été prévu pour faire patienter les populations qui viennent se faire piquer, des situation d’attentes difficiles surtout pour les personnes âgées et les enfants qui abandonnent parfois avant même de pénétrer dans les pôles de vaccination.

Mais le gros malaise de cette campagne de vaccination vient principalement des personnels qui assurent les soins. Ainsi, après la polémique sur l’efficacité du vaccin décrié par certaines infirmières et médecins pratiquants, le nombre d’individus compétents réquisitionnés ne semblent pas suffire pour administrer les doses de sérum. En effet, après un début de campagne timide, les gens se ruent à présent en masse dans les centres de vaccination, et les bénévoles ne sont pas assez nombreux; certains centre sont donc parfois fermés faute de personnel. Face à cette pénurie de soignants, les autorités se sont montrées totalement désorganisées. Que ce soient les infirmières ou les médecins réquisitionnés parfois de force dans les hôpitaux (souvent sur les heures de service au détriment des patients hospitalisés), le gouvernement campe sur ses positions. Certains médecins militaires réquisitionnés pour soigner les gens se sont aussi vus obligés de rebrousser chemin face à des centres fermés. L’administration refuse la participation complémentaire des médecins libéraux dans le dispositif de vaccination. Ces derniers préféreraient d’ailleurs être autorisés à vacciner au sein de leur cabinet, dans un souci d’efficacité. Le malaise est palpable, d’autant que Valérie Pécresse, la secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, souhaitait que ce soit les étudiants en médecine qui viennent prêter main forte dans les centres, malgré leur manque d’expérience.

Les centres dédiés sont donc confrontés à de nombreux problèmes. Entre patients isolés, personnes à risque non répertoriées dans les fichiers de l’assurance maladie et les dysfonctionnements des convocations, les personnels soignants réquisitionnés à la hâte ne sont pas non plus toujours efficaces et organisés. Alors que le virus a tué 145 personnes en France métropolitaine, chaque préfecture possède sa propre organisation, ce qui ne rend pas le travail facile. Le gouvernement avoue de son côté qu’il y a encore de nombreuses imperfections.

Depuis le début du mois d’août, 5,3 millions de personnes ont été infectées dans l’hexagone, mais à l’heure actuelle le nombre de cas de grippe A H1N1 n’augmente plus. Selon les chiffres publiés par l’Institut national de veille sanitaire, le nombre de consultations pour syndrome grippal se stabilise depuis deux semaines. Malgré tout, les régions françaises restent au-dessus du seuil épidémique et une nouvelle poussée du virus n’est pas à exclure puisque traditionnellement, il y a toujours une reprise de la grippe la deuxième semaine de janvier.

La campagne de vaccination entre à présent dans sa phase finale et, selon Mme Bachelot, ministre de la Santé, près 3,5 M de personnes ont été vaccinées. “On devrait, a-t-elle dit, dépasser cette semaine le cap des 5 millions de Français ayant contracté la grippe depuis le début de l’épidémie”. De plus, 40M des bons de vaccination ont été envoyés en début de semaine à des personnes «non à risques et non prioritaires». Il reste pourtant encore de la marge pour écouler les 94M de doses achetées par la France.


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