Le régime de sécurité sociale étudiante : un système critiqué

    Le système de sécurité sociale étudiante est particulier. Ce sont des mutuelles qui en assurent la gestion. Mais la concurrence entre ces dernières attire les critiques. Les mutuelles sont également taxées d’être parfois trop proches des syndicats étudiants et par extension, de certains partis politiques.

    Scandale de la Mnef, affaire de la Smeso à Toulouse, les mutuelles étudiantes font parfois la une des journaux. Elles sont accusées de servir les intérêts de tel syndicat, parti politique ou personnalité dirigeante. Car la sécurité sociale étudiante a un statut à part. Lors de sa mise en place en 1948, sa gestion a été confiée à des organismes étudiants.

    C’est ainsi que la Mutuelle nationale des étudiants de France (Mnef), proche de l’Union nationale des étudiants de France (Unef), syndicat de gauche, a vu le jour. Mais dans les années 1970, les prises de position de cette dernière et sa situation de monopole sont critiquées. Les Sociétés mutualistes étudiantes régionales (Smer) sont donc créées pour offrir une alternative à la Mnef.

    C’est cette situation concurrentielle qui fait polémique aujourd’hui. « Nous sommes défavorables au fait que les mutuelles soient mises en concurrence, résume Denis Aguiton, le porte-parole du syndicat d’extrême gauche SUD étudiants. Cela engendre des surcoûts avec des frais de publicité, par exemple, qui pourraient servir à un meilleur traitement des dossiers. Nous souhaitons par ailleurs que le dispositif soit plus démocratique et qu’il soit directement géré par les étudiants, c’est-à-dire par les usagers et non par des membres de syndicats. »

    La proximité de certaines mutuelles avec des syndicats constitue en effet une autre pierre d’achoppement. Après l’affaire des emplois fictifs de la Mnef qui a engendré la démission de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l’Économie, La mutuelle des étudiants (LMDE) a vu le jour. Mais « on retrouve un certain nombre d’anciens de l’Unef à la direction de la LMDE, indique Gabriel Alibert, le délégué national adjoint de l’Uni, l’Union nationale interuniversitaire, syndicat de droite. Or une mutuelle étudiante ne doit pas être à la botte d’une organisation étudiante, sinon il existe de réels risques de collusions. » Précisons que malgré nos demandes réitérées, l’Unef n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.


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