Quand les étudiants renoncent à se soigner

    De plus en plus d'étudiants renoncent à se soigner et à souscrire une complémentaire. Des initiatives commencent à voir le jour.

    Plusieurs études ont montré ces dernières années, que de plus en plus d’étudiants renoncent à se soigner et à souscrire une complémentaire. La précarité croissante des étudiants est montrée du doigt. Des initiatives commencent à voir le jour.

    Début 2010, L’Union nationale des sociétés étudiantes mutualistes (USEM) et l’institut d’études CSA en partenariat avec le ministère de la Santé de la Jeunesse et des Sports avaient publié une étude sur « la santé des étudiants.  Il en était ressorti que 16,3% n’étaient pas couverts par une complémentaire santé. C’est deux fois plus que la moyenne nationale (8%). De surcroît, ce chiffre est en augmentation par rapport à l’enquête menée par la LMDE trois ans plus tôt et qui faisait apparaître un taux de 15%. Ils sont en outre 23% à renoncer aux soins.

    Le premier motif évoqué lors des enquêtes est d’ordre financier. « Le logement étudiant représente déjà 60% du budget pour une majorité d’étudiants. Si vous ajoutez à cela les droits d’inscription à l’université ou en école, ainsi que l’alimentation, l’arbitrage se fait sur la santé » explique Gabriel Szeftel, président de la LMDE.

    Une méconnaissance des offres du marché et du fonctionnement de la Sécurité sociale est également à l’origine de ce défaut de couverture d’une frange d’étudiants. Certains peuvent faire la confusion entre Sécu et complémentaire, gérée par les mêmes structures, à savoir les mutuelles étudiantes.

    Pour remédier à cette situation, plusieurs initiatives ont vu le jour. En tout premier lieu, quelques régions ont mis en place « le chèque santé ». Il s’agit d’une enveloppe de 100 euros qui permet de soulager les étudiants dans leur budget complémentaire santé. Les 50.000 boursiers d’Île de France peuvent se voir allouer cette somme depuis le mois de juillet 2010. La LMDE a également lancé « Prev’box » une sorte de kit de prévention santé incluant un formulaire explicatif de la mutuelle à l’attention des lycéens. Outre l’aspect communication indéniable, cette initiative a au moins le mérite de débroussailler le monde parfois obscur de la complémentaire santé avant l’entrée dans l’enseignement supérieur.

    Les mutuelles étudiantes et les autorités locales regrettent toutefois un manque cruel d’action au niveau national. Pourtant ,selon elles, les étudiants qui ne soignent pas aujourd’hui sont des adultes qui n’auront pas le réflexe de franchir le seuil d’un cabinet médical une fois salarié, avec les risques sanitaires et donc les coûts de santé que cela peut impliquer.


    Laissez votre avis