Assurance auto: une garantie du conducteur obligatoire ?

En règle générale, lorsqu’un automobiliste est responsable d’un accident sans tiers, aucune assurance ne prend en charge ce dernier, et c’est la même chose pour les deux roues. Il faut savoir que les accidents sans tiers représentent 38% des accidents de la route en France, un manque à gagner qu’aimeraient bien combler certains assureurs qui proposent d’instaurer une « garantie du conducteur » obligatoire.

Rendre obligatoire une « garantie du conducteur » et envisager d’indemniser ce dernier s’il est responsable d’un accident sans tiers, c’est ce que souhaitent de nombreuses compagnies d’assurance, Axa en tête. Cela fait en effet plusieurs mois que l’assureur souhaite mettre en place une couverture individuelle pour chaque conducteur, afin de combler le trou que représente la non prise en charge de ces sinistres particuliers. Pour le moment, cette garantie n’est pas obligatoire même si on la retrouve dans plus de 80% des contrats auto.

Après calculs, si cette garantie devenait obligatoire, une hausse des tarifs d’environ 4,5% pour les autos serait à prévoir. En ce qui concerne les 2 roues par contre , c’est une augmentation de plus de 35% qui est à envisager. « Ce serait économiquement calamiteux », dénonce le Géma (Groupement des entreprises mutuelles d’assurances) dans les colonnes du journal Les Échos. « Assurer les deux-roues pour leurs dommages corporels représente un risque élevé, mais nous sommes prêts à le faire », rétorque Jacques de Peretti, directeur général d’Axa particuliers/professionnels.

La FFSA (Fédération française des sociétés d’assurances) rejoint le point de vue d’Axa, qui assure tout de même près de 4M d’autos. Toujours dans le quotidien Les Échos, Jean Pechinot, sous directeur à la FFSA, explique que « pour répondre à la demande sociétale d’indemnisation de toutes les victimes d’accident de la circulation, il n’y a pas d’autre solution que de généraliser la garantie individuelle du conducteur. Et, tôt ou tard, cette généralisation devra passer par la loi ». Pour le moment, la meilleure solution serait de mettre en place une indemnisation minimale (à l’image d’une garantie tempête ou catastrophe naturelle) dans le contrat de toute personne qui aurait souscrit la responsabilité civile auto obligatoire.

Sources: Les Echos


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