Dossier : le Pay as you drive : pour ou contre ?

Le Payd ou Pay as you drive comporte plusieurs avantages pour l’assuré, dont, en premier lieu, la baisse du coût de son assurance automobile. Mais le système est également critiqué. Explications.

Ce qui fait la force du Pay as you drive, c’est avant tout son coût. Pour l’ensemble des compagnies et courtiers qui le proposent, la réduction est de 35 % par rapport à une assurance automobile classique. La présence, dans le véhicule, du boîtier relié au système GPS permet par ailleurs de détecter un problème s’il survient. Ainsi, en cas de vol, on peut facilement localiser la voiture. De même, lors d’un accident, l’assureur peut rapidement être informé qu’un incident s’est produit et apporter des solutions de dépannage à l’assuré.

Le Payd favoriserait également une conduite moins risquée notamment chez un public jeune. « Les jeunes conducteurs ont en moyenne sept à huit fois plus de risques d’avoir un accident corporel grave. Ce type d’accident se produit la plupart du temps, la nuit à la sortie des discothèques. En faisant payer une participation forfaire de 20 euros pour une utilisation entre une et six heures du matin, nous incitions nos assurés à ne pas utiliser leur véhicule la nuit. Aujourd’hui, aucun de nos assurés ayant souscrit l’offre Pay as you drive n’a subi de sinistre corporel grave, ce qui signifie que le modèle fonctionne. Nous aurons cependant une vision plus claire de ces résultats dans quelques mois », rappelle Gilles Gosson, le directeur technique de Solly Azar.

Mais la principale critique portée contre le Pay as you drive reste la protection des données individuelles. Le boîtier peut révéler des informations très précises sur le trajet emprunté par le conducteur, le moment durant lequel il a conduit, sa vitesse, etc. Des dérives ont été constatées dans certains pays, comme en Angleterre où le boîtier pouvait permettre à l’assureur de savoir si le conducteur était un habitué des dépassements de vitesse, par exemple. Même si la Commission nationale de l’informatique et des libertés a émis des restrictions, certains assureurs refusent de proposer ce type d’offre.

C’est le cas de la Macif qui est pourtant le premier assureur automobile. « Le Pay as you drive pose la question du flicage possible des assurés. Si un sociétaire prête son véhicule à son fils, ça n’est pas à nous de l’informer que ce dernier est parti en week-end avec des amis ! », souligne Guillaume de Rosenwald, le directeur général adjoint de la compagnie d’assurance. C’est donc en dernier lieu à l’usager de peser le pour et le contre pour connaître les bénéfices dont il peut tirer d’une couverture Pay as you drive.


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