Quand la compétition automobile contribue à limiter la casse sur la route

Sébastien Loeb et Alain Prost ont pris la pole position au congrès de chirurgie orthopédique et traumatologique, mardi, pour expliquer comment la compétition automobile contribue à la prévention des accidents sur la route et peut en limiter les conséquences sur les automobilistes.

Au côté du nouveau patron de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) Jean Todt, de l’ancien patron de Citroën Sport Guy Fréquelin et du chirurgien Gérard Saillant, aujourd’hui président de la commission médicale de la FIA, les deux champions ont souligné les progrès importants réalisés au niveau de la sécurité en compétition. “J’ai connu une période où on était en sursis continuel, course après course”, a témoigné Alain Prost, quadruple champion du monde de Formule 1, lors d’une conférence-débat.

Pour la prévention, comme pour la recherche de la performance, “la compétition est un très bon aiguillon”, a déclaré le Pr Saillant.

En matière de sécurité, “tout ce qui a été développé en compétition a servi pour les voitures de série”, a estimé Guy Fréquelin. Si on ne trouve pas d’arceau de sécurité sur la voiture de Monsieur tout le monde comme sur les voitures de rallye, les montants des portières et du pare-brise sont devenus beaucoup plus résistants. Il évoque aussi les progrès des pneumatiques et des suspensions en termes de tenue de route, l’ESP, système électronique qui améliore le contrôle du véhicule, ou encore le système qui signale au conducteur lorsqu’un pneu est dégonflé.

Certaines technologies nécessitent des adaptations importantes. Par exemple le système “hans”, sorte de harnais qui protège le rachis cervical des pilotes du “coup du lapin”, pourrait aboutir à des sièges beaucoup plus enveloppants sur les voitures de série.

Le coût peut être une limite, comme celui du système de détection et d’extinction d’incendie sur les voitures de rallye, évalué à 15.000 euros par véhicule. Des systèmes de sécurité moins coûteux ont dû être trouvés pour les voitures de série. “Les risques sont aussi beaucoup moins importants qu’en compétition”, a souligné Guy Fréquelin.

Comme Jean Todt, il insiste sur la nécessité de mieux informer les automobilistes des options des véhicules qu’ils achètent. “Il vaut mieux avoir un ESP qu’un intérieur cuir”, a résumé Guy Fréquelin.

Les grands noms de l’automobile ont néanmoins reconnu que des failles subsistent en compétition, comme en témoigne l’accident du pilote brésilien Felipe Massa l’été dernier, qui s’était soldé par une fracture du crâne. Massa avait été heurté à plus de 250 km/h au niveau du casque par un morceau de ressort de la monoplace qui le précédait, avant de s’encastrer dans un mur de pneus à 190 km/h. Aujourd’hui, il réclame des améliorations pour protéger la tête des pilotes des impacts d’objets “volants”.

Reste qu’un sentiment de sécurité trop important peut tuer la sécurité. “Les pilotes se sentent toujours plus en sécurité”, a mis en garde Alain Prost, qui craint les conséquences d’un effet similaire sur la route.

“Il est capital de connaître ses limites”, a insisté pour sa part Jean Todt, soulignant que tout un chacun n’a pas les capacités d’un Sébastien Loeb, sextuple champion du monde des rallyes. “Lorsqu’on conduit sa voiture tous les jours, il ne faut pas se prendre pour un champion”, a-t-il conclu.

Le 84e congrès national de chirurgie orthopédique et traumatologique s’est ouvert lundi et s’achèvera vendredi.

Paris, 11 nov 2009 (AFP)


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