Dépendance / Alzheimer : Les seniors stimulent leurs neurones pour retarder la progression de la maladie

Stimuler les neurones des seniors par des exercices mis au point par des scientifiques pour préserver leurs facultés intellectuelles et retarder la maladie d’Alzheimer, c’est l’objectif d’une société lyonnaise dirigée notamment par l’ancien maire de Lyon Michel Noir.

Fondée en 2000 par M. Noir, docteur en Sciences de l’Education, un médecin, le Dr Bernard Croisile, chef de service à l’Hôpital neurologique de Lyon, et un expert en informatique, Franck Tarpin-Bernard, la société Scientific Brain Training (SBT) compte près de 500 abonnés en France, dont 62% de femmes de plus de 60 ans, et plus de 3.000 aux Etats-Unis.

Une quarantaine d’exercices “ludiques” sont accessibles par abonnement – environ 10 euros par mois – sur le site interactif happyneuron.fr, ou vendus par CD-Roms. “Le but est de faire travailler la concentration, la mémoire, le langage, la logique et les fonctions visio-spatiales”, souligne le Dr Croisile.

Les résultats, conditionnés selon l’âge, le niveau d’études et le sexe de l’usager, sont reliés à une base de données, qui en compte déjà 15 millions, et assortis de commentaires. “Le plus important pour le sujet est de voir s’il est dans la norme par rapport à ces paramètres”, note le médecin. “On pensait s’adresser aux plus de 50 ans et on s’est rendu compte qu’on intéressait tout le monde”, ajoute-t-il.

Outre la gamme grand public, SBT a mis au point un logiciel destiné aux maisons de retraite et un autre pour les psychologues chargés de la rééducation de malades d’Alzheimer. “SBT se positionne en amont et dans la prévention du risque Alzheimer”, souligne Philippe Mestral, chef de marché.

Une étude publiée en septembre 2009 par l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (Inserm) a démontré que les “personnes âgées pratiquant régulièrement des activités de loisirs +stimulantes intellectuellement+ présentaient une réduction de 50% du risque de survenue de démence et de maladie d’Alzheimer”.

“Les premiers exercices sont toujours ratés mais, très vite, on prend le rythme”, assure Rose, une octogénaire chargée de tester au siège de SBT, avec d’autres “étudiants” de l’Université de Tous Ages (UTA), les nouveaux logiciels.

Marie-Thérèse, 66 ans, reconnaît qu’au début elle était “complètement paniquée” par un exercice de concentration associant simultanément deux tâches, dont l’une dictée par une voix.

“Progressivement on arrive à intégrer les deux tâches et on se concentre sur la maîtrise du stress (…), on améliore ainsi nos stratégies de mémorisation et ça je peux le réutiliser dans la vie courante”, se félicite cette documentaliste retraitée.

“On est sorti de l’obsession de la mémoire”, résume Alain, 65 ans. “Ca nous permet de mettre en place des stratégies de remplacement et ça nous aide dans nos différentes tâches”, ajoute l’ancien chef d’entreprise qui a ainsi pu “redémarrer l’apprentissage d’une langue étrangère”.

“On sait grâce à des études que la stimulation cognitive a un effet de retardement sur le risque de démence”, affirme pour sa part Michel Noir, qui ajoute: “Tout l’enjeu aujourd’hui est de savoir si ces personnes contractent moins que les autres la maladie d’Alzheimer”.

Lyon, 21 oct 2009 (AFP)


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