Dépendance / Enquête : En France 2 aidants sur 3 sont des femmes

Les résultats d’une enquête nationale sur la relation entre aidants et aidés, montrent que près de 69% des aidants sont des femmes. Le sondage met également en exergue les liens affectifs et financiers importants entre familles et proches en situation de dépendance.

A l’occasion des 1ers états généraux « aidants & aidés », la Macif, en partenariat avec LH2, dévoile les résultats d’une enquête nationale destinée à cerner les besoins et les attentes des deux populations.

Réalisée auprès d’environ 2.300 personnes, l’étude montre que 93% des aidants assistent un membre de leur famille, et que près de 2/3 des personnes aidées vivent a leur domicile (19% vivant avec l’aidant).

Un lien affectif et financier très fort

Dans les motivations qui amènent l’aide à la personne, 67% des aidants déclarent éprouver des sentiments vis à vis de l’individu qu’ils assistent. De plus, 37% des aidants soutiennent financièrement les personnes en perte d’autonomie, et 86% d’entre eux ne perçoivent pas de contrepartie financière.

« On parle aujourd’hui de couple aidants/aidés. Par conséquent, les professionnels de santé doivent prendre en compte l’avis du premier, avant de venir en aide au second », déclare le Dr Alain Colvez, directeur de recherche CNSA/Insem. « Maintenant l’aidant est considéré, il est donc primordial de se préoccuper aussi de son bien-être dans l’accompagnement de la perte d’autonomie », poursuit-il.

Un impact moral conséquent

L’enquête LH2/Macif révèle aussi que 69% des aidants souffrent de voir un proche en situation de perte d’autonomie. Pour Plus du quart, cela contraint également à des aménagements de la vie privée et professionnelle.
Actuellement, 80% des aidants ne sont pas seuls (soutient professionnel et non professionnel, APA) mais 37% jugent que l’investissement personnel est trop lourd, confessant même avoir déjà craqué.

« Le médecin généraliste ne doit plus être le seul co-aidant, il faut un partage de tâches avec d’autres professionnels de santé », explique le Dr Noëlle Vescovali. « les savoirs ne sont pas tous du côté des professionnels non plus. Il faut encourager les personnes compétentes qui sont sur le terrain au quotidien, s’appuyer sur leur parole », ajoute le psychosociologue, Jacques Gaucher.

Des propositions de solution

Les aidants sont en demande de répit pour les 2/3 des cas. Ils désirent pour ce faire, une plus grand nombre de places en maisons de retraites notamment, ou encore plus de professionnels d’aide à domicile afin de « souffler » un peu.
« On constate aussi un manque d’information des aidants. Il est nécessaire de simplifier les notions et les mots autour de la perte d’autonomie car personne ne s’y retrouve aujourd’hui » explique Bernard Ennuyer, sociologue. « On nous promet un débat sur la dépendance depuis quatre ans, nous l’avons enfin. Il est temps d’abolir la discrimination par l’âge et de proposer des solutions concrètes pour l’ensemble des personnes en incapacité, y compris les handicapés », conclut- il.


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