Dépendance : Un accompagnement personnalisé pour la réinsertion professionnelle des malades chroniques

Les malades chroniques devraient bénéficier d’un “accompagnement personnalisé” dans leur parcours professionnel et être davantage orientés vers une reprise du travail après une interruption, estime un groupe d’experts dans un document publié lundi.

Le nombre de malades chroniques en France est aujourd’hui évalué à 15 millions, rappellent ces experts –médecins, cadres de santé, associatifs ou encore représentants de laboratoires pharmaceutiques–, réunis sous l’égide de la Chaire santé de Sciences Po et du Centre d’analyse des politiques publiques de santé de l’Ecole des Hautes études de santé publique (EHESP).

Ils souffrent notamment de maladies cardio-vasculaires, de cancer, de maladies respiratoires, de problèmes articulaires ou encore de diabète, des maladies longues, évolutives, et qui peuvent provoquer une invalidité. “Un travailleur qui se déclare ou est reconnu comme malade devrait pouvoir bénéficier d’un accompagnement personnalisé tout au long de son parcours professionnel”, estiment les auteurs, sans se prononcer sur la structure la plus adaptée pour le mettre en oeuvre.

Le premier objectif serait d’aider les personnes à s’orienter dans un maquis d’interlocuteurs (médecin traitant, médecin conseil, médecin du travail, services spécialisés de l’emploi, etc.), qui aujourd’hui ne “leur donne pas une vision claire de l’ensemble des possibilités qui leur sont ouvertes”. Mieux et plus vite orientées, elles auraient alors davantage de chances de se réinsérer professionnellement. “Le système actuel de protection sociale des travailleurs malades, fondé essentiellement sur des prestations compensatrices d’une perte d’emploi ou d’une non-accessibilité à l’emploi, répond imparfaitement aux attentes des personnes malades”, estiment ces experts.

Les prestations compensatoires constitueraient trop souvent selon eux des “voies de garage”, alors que “l’effort devrait porter prioritairement sur l’insertion ou la réinsertion professionnelle”.

Dans le système actuel, “seule la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé fonde aujourd’hui l’entrée dans des dispositifs spécifiques de protection ou d’aide”, relèvent-ils.

Pour permettre à des malades chroniques de travailler, le document cite par ailleurs comme piste le télétravail, quand la question du transport est “le seul élément empêchant le retour au travail”.

Paris, 29 novembre 2010 (AFP)


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