Dépendance/Recherche : Autisme, schizophrénie et retard mental ont une base génétique commune

Des chercheurs de la faculté de médecine de Rouen assurent avoir mis en évidence une base génétique commune à l’autisme, la schizophrénie et le retard mental, a-t-on appris mercredi auprès de l’équipe de neuro-génétique du laboratoire Inserm U 614, à l’origine de cette découverte.

Cette équipe a comparé les désordres génétiques sur 750 patients répartis en trois groupes souffrant respectivement d’autisme, de schizophrénie et de retard mental. “Nous avons trouvé les mêmes types d’altération sur les mêmes gènes impliqués dans ces maladies au sein des trois groupes”, a assuré Audrey Guilmatre, doctorante au sein de l’équipe de neuro-génétique dirigée par le docteur Dominique Campion.

L’équipe a établi par ailleurs que les gènes altérés sont ceux qui jouent un rôle dans les connections entre les neurones. “Ce type d’altération n’a été décrit que récemment, c’est pourquoi on commence simplement à travailler sérieusement sur ce que cela signifie”, a précisé Mme Guilmatre.

Selon la chercheuse, cette découverte permet de renouveler l’approche de ces maladies qui étaient jusqu’alors considérées comme “complètement” différentes. “Cela permet de cibler le mécanisme de transmission entre les neurones, d’améliorer le diagnostic et à plus long terme de trouver des molécules capables de soigner”, a-t-elle expliqué.

Le travail de l’équipe, qui a étudié 28 gènes et va poursuivre ses travaux sur d’autres, a été facilité par la mise à disposition d’une banque génétique constituée par la Fondation Autisme.

Cet organisme qui regroupe des familles d’enfants autistes a qualifié de “majeure” cette découverte. “Jamais un aussi grand pourcentage de personnes autistes n’a été trouvé présentant une même anomalie génétique (…), jamais non plus n’avait été mis en évidence une anomalie génétique commune entre autisme, schizophrénie et retard mental”, a déclaré la fondation dans un communiqué.

Après cette découverte, la fondation s’est dit confortée “dans l’idée que des traitements moléculaires, cellulaires et d’éventuels moyens de prévention sont bien pour demain”.

Le CHU d’Angers a de son côté annoncé un point-presse jeudi consacré à l’identification d’un gène responsable de retard mental et d’autisme, découvert dans le cadre d’une coopération avec les CHU de Rouen et de Lille.

Avec AFP


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