Edito : S’assurer contre le hasard

D'ici 50 ans, presque un tiers de la population Française sera âgée de plus de 60 ans (Sources : Insee). De fait, la dépendance touchera un nombre de personnes beaucoup plus grand. Vous, moi, vos voisins ou votre collègue de bureau, personne n'est vraiment en mesure de savoir s'il sera un jour en perte d'autonomie. Alors est-ce vraiment utile de s'assurer contre le sort ?

D’ici 50 ans, presque un tiers de la population Française sera âgée de plus de 60 ans (Sources : Insee). De fait, la dépendance touchera un nombre de personnes beaucoup plus grand. Vous, moi, vos voisins ou votre collègue de bureau, personne n’est vraiment en mesure de savoir s’il sera un jour en perte d’autonomie. Alors est-ce vraiment utile de s’assurer contre le sort ?

200.000, c’est le nombre de personnes centenaires que comptera vraisemblablement le pays en 2060. Le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus, pourraient, elles, augmenter de 80 %. La question que chacun se pose n’est pas tant de savoir jusqu’à quel âge il va vivre, mais plutôt dans quel état physique et psychique il finira ses jours. Car si l’état de dépendance est aujourd’hui mesurable (par la grille AGGIR notamment), il est impossible de savoir qui elle va toucher quant et surtout dans quelle mesure.

S’assurer contre la dépendance revient évidemment à s’assurer contre le hasard. Faut-il prendre le risque de ne pas se prémunir contre le futur ? 5 millions de Français (12 %) ont déjà franchi le pas, souscrivant une contrat d’assurance contre la perte d’autonomie. Mais cela leur servira-t-il ? Sont-ils certains d’avoir besoin d’utiliser un jour leur capital ou leur rente ? On peut cotiser pendant 30 ans et se porter comme un charme, non ? Allez, ça suffit, je récupère mon argent, et hop, 3 jours après c’est la fracture du fémur – A 95 ans, ça ne pardonne pas, c’est le fauteuil roulant !

Quid d’une assurance dépendance universelle ?

C’est aujourd’hui que Nicolas Sarkozy clôture le colloque sur les enjeux futurs de la perte d’autonomie baptisé « La dépendance, débat national : Poser les enjeux ». Après les groupes de travail lancés sur le sujet il y a quelques semaines, le gouvernement semble enfin mettre les mains dans le cambouis : De bonne augure quand on sait que ¾ des français plébiscitent l’aide de l’État pour prendre en charge la dépendance (Baromètre Banque Postale Prévoyance / La Tribune – Février 2011).

Pourtant, en clôture de son discours, le président de la République n’a pas non plus écarté le financement de la dépendance par l’assurance. Ah, cette fameuse assurance dépendance obligatoire et privée. Comme une assurance au tiers pour l’automobile, une « assurance dépendance universelle » aurait pour vocation de prévoir un socle de protection pour chacun tout en mutualisant les risques et les primes avec des tarifs plus attractifs. Presque la moitié des français n’y sont pas opposés. Donc la moitié y est opposée. Autant dire que la population est partagée.

Malgré tout, seulement 3% des Français qui n’ont pas encore d’assurance dépendance souhaitent en souscrire une : la perte d’autonomie fait peur, mais «  ça n’arrive qu’aux autres »… Alors pourquoi se précipiter, d’autant que l’État semble sur le coup. S’assurer contre le hasard vaut-il vraiment la peine, puisque on nous promet la solution d’ici 2012 ?


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