Le point du plan Alzheimer 18 mois après son lancement

Le point du plan Alzheimer, plus de 18 mois après son lancement Florence Lustman, chargée de piloter le plan Alzheimer lancé le 1er février 2008 par Nicolas Sarkozy, se réjouit de l’inauguration lundi à Mulhouse de la première Maia, ou “maison pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer”.

Q : Où en est-on de la réalisation du plan Alzheimer ?

R : En 2009 les expérimentations ont commencé, qui seront analysées avant d’être généralisées. Ce qu’il y a de plus novateur dans le plan, c’est la Maia, qui veut mettre de la cohérence en intègrant les prestations de santé et de prise en charge. Ce n’est pas une structure de plus, c’est un guichet, un lieu d’orientation dans une forêt de services, un point de rencontre de tous les professionnels. On pourra en fonction de la situation de la personne lui proposer une prise en charge adaptée avec par exemple des actes de réhabilitation, des interventions au domicile ou de la formation pour l’aidant.

17 expérimentations sont en cours, dont une suffisamment avancée pour être inaugurée lundi à Mulhouse. Il y en aura plus d’une par département, avec un total de 1.000 coordonnateurs pour les cas complexes. Si on réussit le maillage complet du territoire d’ici la fin du plan en 2012, ce sera parfait.

Il y a aussi des plateformes de services pour offrir dans un même point aussi bien des accueils de jour que du répit à domicile, des séjours de vacances, des ateliers, des activités culturelles ou physiques.

On a aussi formé à la maladie d’Alzheimer 40 équipes pilotes d’intervention à domicile.

Q : Est-ce que le plan a déjà un impact ?

R : Le vrai indicateur ce sera quand les gens sur le terrain auront vu quelque chose changer, avec les Maias, les plateformes. On a à tout le moins quelque chose de très frappant, un indicateur de l’amélioration de la prise en charge : en moyenne dans la population française le taux de prescription au long cours de neuroleptiques est de 3% pour les plus de 65 ans et de 6% pour les plus de 85 ans. Il était au début du plan de 16,9% pour les malades d’Alzheimer, alors que c’est délétère pour cette maladie. La Haute autorité de santé s’est mobilisée dès 2008, année au cours de laquelle le taux est passé de 16,9 a 16,1. C’est emblématique, même si on attend beaucoup mieux en 2009. On n’est qu’au début.

Q : Quel est l’impact du plan sur la recherche ?

R : Le plan, de 1,6 milliard sur cinq ans, prévoit 200 millions de financements supplémentaires dédiés à des projets de recherche. A ce jour il y a 54 projets de recherche en cours pour 24,3 millions d’euros, et 36 nouveaux chercheurs financés grâce au plan. Ainsi, on a donné 5 millions d’euros à une équipe française sélectionnée sur des critères d’excellence qui a trouvé deux gènes de prédisposition de la maladie. C’est très encourageant de voir que ça marche.


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