Assurance maladie : dépenses “anormalement élevées” pour les plus de 75 ans

Les dépenses de santé du grand âge sont d’un “niveau anormalement élevé”, estime le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), dans un avis rendu public vendredi et intitulé “Vieillissement, longévité et assurance maladie”.

Le HCAAM estime que l’attention doit plus particulièrement être portée sur “le niveau anormalement élevé des dépenses individuelles de soin au grand âge”. Il souligne “le phénomène d’accélération de la dépense qui se traduit, aux plus grands âges, par une sorte de +seconde rupture+ dans la courbe d’évolution de la dépense”.

Cette courbe, qui croît régulièrement à partir de 40 ou 50 ans, change de pente pour monter beaucoup plus fortement autour de 75 ans, essentiellement à cause “de la hausse des dépenses hospitalières”, explique le Haut conseil. Les personnes de plus de 75 ans, qui représentent 8% de la population, concentrent à peu près un cinquième de la dépense de soins.

Le Haut Conseil estime qu’une part importante de cette “surdépense” tient à “des questions de structuration et d’organisation des soins”. Elle devrait pouvoir être fortement réduite, “ce qui représenterait au moins une économie de quelques pour cents de la dépense totale de santé”, soit “un chiffre considérable de plusieurs milliards d’euros”, estime le Haut conseil.

Jugeant que l’hôpital est “trop sollicité, mal sollicité” pour les personnes âgées, ce dernier considère que “c’est sans doute concernant le recours à l’hôpital que les plus importantes améliorations sont possibles”.

Il pointe par ailleurs une mauvaise coordination des soins et entre professionnels de santé en ville et institutions sanitaires et médico-sociales. “C’est donc une politique claire de recherche de parcours de soins plus efficients qui permettra à la fois de limiter l’impact du facteur démographique sur les dépenses d’assurance maladie et plus largement de santé”, précise le rapport.

Concernant l’hospitalisation, le Haut conseil souhaite une diminution du fort taux d’admission par les urgences, mais aussi une facilitation des sorties, pour réduire les séjours hospitaliers inadéquats, les réhospitalisations évitables et les mauvaises passations de relais vers les prises en charges ambulatoires et médico-sociales.

Paris, 23 avr 2010 (AFP)


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