Assurance maladie : le Planning familial dénonce le non remboursement de certains contraceptifs

Le mouvement pour le planning familial, qui fête cette année ses 50 ans sous cette dénomination, fustige le fait que plusieurs moyens de contraception ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie et lance une mobilisation nationale pour faire bouger le ministère de la Santé sur ce sujet.

Le 28 décembre 1967, dans un hémicycle hostile, Lucien Neuwirth, jeune député gaulliste fait passer une loi légalisant la contraception et le recours à la pilule. Depuis les moyens contraceptifs se sont multipliés avec l’arrivée du préservatif, du diaphragme, de l’anneau, du patch ou encore des nouvelles générations de pilules, offrant en théorie un large choix. En théorie seulement, car dans les faits, ils ne sont pas tous pris en charge par l’Assurance maladie et peuvent dès lors gréver le budget des assurés sociaux. Il en coûtera par exemple 175 euros par an pour un patch, 170 euros pour un anneau vaginal, sans le moindre centime remboursé par la solidarité nationale.

Le Mouvement pour le planning familial (MPF) dénonce cette situation et lance une grande mobilisation nationale jusqu’à la fin de l’année pour mettre la pression sur le gouvernement et lui faire rectifier le tir. L’opération prendra le forme de « cartes-réponse à remplir par les prescripteurs (médecins et sages-femmes) ou bien par les personnes voire par les deux, elles sont à retourner à Madame la ministre de la Santé et au Planning » explique le MPF. Le top départ de cette mobilisation sera donnée les 28 et 29 mai prochain à l’occasion des journées portes ouvertes du MPF.

L’enjeu est de taille, car selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), 1 grossesse sur 3 en France n’est pas prévue et se termine dans 60% des cas par une interruption volontaire de grossesse. Il souligne également que l’efficacité des méthodes de contraception diffèrent selon les femmes et leurs modes de vie. Ainsi, « 72% des femmes qui ont eu recours à l’IVG était sous contraception et dans 42% des cas cette contraception reposait sur une méthode médicale théoriquement très efficace (pilule ou stérilet) » selon le rapport. L’Igas préconise une meilleure information sur les contraceptifs, ainsi que l’amélioration des conditions financières d’accès à la contraception.


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