Assurance maladie : Une étude dénonce le grand écart des prix des médicaments non remboursables

Les prix des médicaments non remboursables présentent en France « une très grande disparité », pouvant être jusqu’à trois fois plus élevés d’une pharmacie à l’autre, souligne une étude publiée jeudi par l’association de consommateurs Familles rurales.

« Les veilleurs (de l’association) ont pu constater que les prix d’un même produit pouvaient varier fortement » selon les officines, souligne Familles Rurales, qui a relevé en janvier les tarifs de 13 médicaments pouvant être vendus sans ordonnance, dans 76 magasins de 36 départements. Selon l’étude, le prix peut passer du simple au double, voire au triple: ainsi, le tarif de l’Activir, traitement contre l’herpès, varie de 2,99 à 9,60 euros; celui du lait infantile Gallia évolue entre 11,78 et 25,65 euros, soit une différence de 13,87 euros.

Parmi les plus forts écarts constatés figurent également le Biafineact (émulsion contre les brûlures), le Dacryum (antiseptique pour lavage optique), ou encore la solution de bain de bouche Hextril, avec des différences de plus de 3,50 euros entre les prix observés. Jocelyne Wittevrongel, responsable de la communication pour la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, juge ces écarts inévitables, en raison des modes d’approvisionnement des officines.

« Un pharmacien peut s’approvisionner directement auprès des laboratoires, pour des quantités significatives, et obtenir ainsi des remises importantes. Cela permet de baisser le prix, d’autant qu’il n’y pas d’intermédiaire », a-t-elle expliqué à l’AFP. « Mais pour des raisons pratiques, notamment de stocks, une pharmacie ne peut pas tout commander de cette manière, en grandes quantités. Pour certains produits, elle doit passer par un grossiste répartiteur pour des commandes à l’unité, ce qui augmente les prix », ajoute Mme Wittevrongel.

Familles Rurales, qui réalisera un nouveau relevé en juin, dénonce par ailleurs une mauvaise information du consommateur. Les médicaments concernés « ne sont pas majoritairement en accès libre et restent derrière le comptoir », empêchant souvent les clients d’examiner les prix, regrette l’association. En revanche, pour ceux des médicaments qui sont proposés en accès libre, le consommateur “a une parfaite lisibilité sur le prix », et les tarifs sont en général « moins chers ».

Là encore, Mme Wittevrongel dénonce un mauvais procès: « Les médicaments derrière le comptoir mais dans des présentoirs visibles du public doivent avoir des prix étiquetés de façon visible. Pour les autres, un catalogue des prix est disponible dans chaque officine, c’est obligatoire ». Familles Rurales préconise cependant que « le pharmacien propose plusieurs produits afin que le consommateur puisse choisir celui qui correspond à son besoin et à son budget ».

L’association « s’interroge » également sur le succès de l’automédication, encouragée par la vente en accès libre des médicaments, et qui « représente un transfert de charges non négligeables entre le budget de l’Assurance maladie et celui des familles ». Un décret du 1er juillet 2008 avait autorisé les pharmacies à proposer en accès direct quelque 200 médicaments, visant notamment à mieux informer les acheteurs et à améliorer la concurrence.

Paris, 20 mai 2010 (AFP)


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