Assurance santé / Avortement : L’augmentation de 50% du forfait IVG reste à l’état de promesse

L’annonce d’une augmentation de 50% des forfaits versés par la Sécurité sociale aux établissements pratiquant des avortements, faite en mars dernier par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, n’a pas été suivie d’effet, dénonce l’association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception (Ancic), mardi, dans un communiqué.

Cette réévaluation, qui devait entrer en vigueur en juillet, selon elle, “n’a pas été, à ce jour, constatée par l’Ancic”, affirme le communiqué de l’association qui “s’indigne de ces effets d’annonce” et “exige une réponse de Mme Bachelot par des actes et non des promesses”.

Contacté par l’AFP, le service de presse du ministère de la santé a répondu que “la promesse sera tenue” et que “l’augmentation sera mise en oeuvre dans les prochaines semaines”.

La hausse du forfait IVG représente un montant de “27 millions d’euros supplémentaires” et devait avoir lieu “dans les prochaines semaines”, avait affirmé la ministre, le 8 mars dernier, en conférence de presse.

Il s’agit d’une “revalorisation moyenne de l’IVG de 50%, mais ça peut être beaucoup plus pour l’IVG instrumentale avec anesthésie, où on passe de 383 euros à 625 euros, donc une augmentation de 63% qui couvrira les frais réels”, avait souligné Mme Bachelot.

Quelque 220.000 femmes ont recours chaque année à une IVG pour un acte forfaitaire payé entre 300 et 400 euros, selon le type d’anesthésie, soit “trois fois moins que l’acte d’aspiration pour une fausse couche”, a précisé à l’AFP le Dr Martine Hatchuel, gynécologue à l’hôpital des Bleuets à Paris. “Comme le forfait est très inférieur au coût réel de l’acte, même s’il est revalorisé de 50%, beaucoup de cliniques privées ne le font plus. En Ile-de-France, deux tiers des IVG étaient assurées par le privé en 2000. Le secteur privé, du fait également de la fermeture des petites structures, en pratique aujourd’hui moins de 45%”, a-t-elle ajouté.

Résultat : “Tous les jours, des femmes ayant fait leur demande dans les délais légaux doivent encore partir à l’étranger pour avorter, par manque d’organisation correcte des soins”, conclut le communiqué de l’Ancic.

Paris, 3 novembre 2010 (AFP)


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