Assurance santé : Les français sont réticents à utiliser des médicaments génériques

La consommation de médicaments génériques plafonne en France et reste plus faible que dans d’autres pays européens, s’est inquiétée jeudi l’assurance maladie au cours d’un point de presse.

L’assurance maladie a indiqué qu’en 2010 le taux de substitution des médicaments de marque par des génériques avait atteint 79%. Mais selon la directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins Mathilde Lignot-Leloup, “des difficultés indéniables apparaissent aujourd’hui pour certaines molécules pour lesquelles la substitution n’atteint pas le niveau souhaité”.

Un des exemples est le médicament anticoagulant de marque Plavix (contre les infarctus, AVC, etc…) dont le taux de substitution non seulement n’a pas augmenté mais a même baissé de six points (de 68% à 62%) entre mars 2010 et juin 2011.

L’assurance maladie explique ce plafonnement par l’augmentation croissante de nouvelles molécules qui abaisse mécaniquement le taux de génériques et par le fait que les pharmacies n’arrivent pas à référencer toute la gamme des génériques et ne peuvent donc procéder à la substitution.
De plus, il est observé une recrudescence sur les ordonnances de la mention “NS” pour “non substituable”, notamment pour des médicaments traitant l’épilepsie et l’hypertension. L’assurance maladie soupçonne une réticence aux génériques de la part de certains patients et mène actuellement une enquête sur ce sujet.

Le passage aux génériques est une source d’économies importantes pour la Sécu (1,3 milliard d’euros jusqu’ici). Mais le prix des génériques est plus élevé en France que dans d’autres pays européens comparables.
Ainsi une étude de l’assurance maladie sur les 74 principales molécules génériquées montre que le prix moyen du comprimé générique est de 15 centimes d’euros en France contre 12 centimes en Allemagne, 7 centimes au Royaume uni, 5 centimes aux Pays-Bas.

Or, une baisse d’un centime équivaudrait à une économie pour la Sécu de 130 millions. Si les prix des génériques étaient au niveau ceux vendus en l’Allemagne, l’économie serait de 400 millions et d’un milliard s’ils tombaient au niveau de ceux du Royaume Uni.

En France le prix du générique est fixé par l’Etat (décote de 55% par rapport à celui du princeps, la molécule originale), alors que d’autres pays européens mettent en concurrence les industriels. L’assurance maladie recommande de s’inspirer de ces pratiques.

Avec AFP


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