Assurance santé : Les médecins dénoncent les effets sur les assurés de la dérive du système de soins

Le Mouvement de Défense de l’Hôpital public (MDHP) réclame “un grand débat national sur l’avenir de notre système de santé, son mode de financement et sa régulation”, dans un appel rendu public samedi, où il dénonce “la politique de restriction budgétaire” et “de rationnement”.

“Nous appelons l’ensemble des citoyens à réclamer l’ouverture de ce débat”, ajoute le MDHP, mouvement né au sein de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), mais qui défend l’hôpital public dans son ensemble.

Selon le collectif, “la rationalisation nécessaire de l’offre de soins fait place aujourd’hui à une politique de rationnement”. “Cette politique se fait au détriment des plus démunis n’ayant pas d’assurances complémentaires. L’augmentation du reste à charge pour les patients et la remise en cause annoncée de la prise en charge à 100% pour les affections de longue durée permettront certes de diminuer les dépenses de la Sécurité sociale mais aggraveront l’inégalité aux soins”, souligne le texte adopté vendredi en assemblée générale.

Dans une seconde motion, le MDHP appelle ses membres à faire à l’AP-HP “un état des lieux de l’hôpital réel”. Dénonçant la “dégradation de la situation de l’AP-HP”, dont le plan stratégique 2010-2014 a été adopté récemment, les médecins déplorent “les suppressions d’emplois”, “la précipitation des décisions de restructurations” et “le blocage des crédits pour les travaux d’équipement et d’entretien”.

Le MDHP demande “la constitution d’un comité médical pour la rénovation de l’AP-HP” et réclame à la nouvelle directrice générale, Mireille Faugère, “d’élaborer dans l’année un vaste plan de de restructuration de l’AP-HP à la hauteur des enjeux”, qui devra “être discuté avec l’ensemble des personnels, les parties prenantes des différents territoires et l’Agence régionale de santé”.

Par ailleurs, dans un entretien au Journal du Dimanche, Bernard Debré, député UMP de Paris et chef de service à l’hôpital Cochin, a expliqué que les médecins de l’AP-HP rejettent “la logique comptable” du gouvernement. “C’est l’hôpital public qu’on assassine”, dit-il, en évoquant “un malaise” et “des relations sociales extrêmement tendues” à l’AP-HP. Selon lui, les “mandarins” sont “prêts à revoir leur organisation”, mais “avant de faire des économies, il faut restructurer”. “Quand je défends l’hôpital public, je ne fais pas de politique”, ajoute le député de la majorité.

Paris, 2 octobre 2010 (AFP)


Laissez votre avis