Assurance maladie : Selon le Ciss, l’augmentation du tarif des médecins ne résout rien

Les médecins généralistes viennent d’obtenir un revalorisation de leurs tarifs de consultation. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, leur a en effet accordé 1 euro d’augmentation. Mais selon le Comité interassociatif sur la santé (Ciss), cette hausse ne résoudra pas les problèmes de la médecine de ville.

Après des semaines de protestations, les praticiens ont fini par faire craquer le gouvernement. A compter du 1er janvier 2011, la consultation chez un médecin généraliste passera de 22 euros à 23 euros. Le Ciss ne conteste pas cette augmentation. Il met simplement en garde contre les conséquences.

Tout d’abord, l’impact financier. Il en coûtera 250M d’euros à l’Assurance maladie. Cette somme devrait engloutir une partie des nouvelles recettes prévues dans le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Selon le Ciss, l’augmentation de 2 euros du forfait hospitalier devait faire rentrer 160M d’euros dans les caisses et 145M d’euros pour les déremboursements des médicaments, soit un total de 305M d’euros. Il ne reste donc que 55M d’euros à récupérer sur ces deux mesures.

Une augmentation sans compensation

Le Ciss n’est pas convaincu que cette hausse du tarif des consultations résoudra le problème de la désertification médicale des campagnes. « ce n’est pas avec un euro de plus que l’on va séduire les médecins pour s’installer dans les zones qu’ils ont déserté. Et, en compensation de cette hausse, aucune garantie de meilleure répartition de leur offre ne leur a été demandée » explique le Comité.

Le Ciss propose donc d’autres voies d’exploration pour améliorer le système de soins en France et garantir l’égalité d’accès aux soins à tous les assurés sociaux où qu’ils se trouvent sur le territoire. Elles sont au nombre de trois. En premier lieu, « une équitable répartition des efforts de sauvetage de l’Assurance maladie entre les consommateurs et les producteurs de soins ». Deuxième piste à envisager : « la diversification des rémunérations entre paiement à l’acte, forfait et performance ». Enfin, le Ciss prône une « recherche de règles garantissant la répartition équitable de l’offre médicale de façon à ce que chacun puisse disposer de soins de qualité en proximité ».


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