Hausse des dépenses de santé : les associations de patients appellent à des “financements nouveaux”

Le Ciss, un collectif regroupant des associations de patients, a appelé lundi les pouvoirs publics à rechercher des “financements nouveaux” face à la hausse des dépenses de santé, jugeant que les solutions retenues ces dernières années écornaient la solidarité du système de santé.

“L’opinion ressent clairement que le filet de sécurité face à un aléa de santé est en train de se défaire”, a estimé le Ciss dans un document publié lundi à l’occasion du lancement d’un site internet (santesolidaireendanger.org) de débat sur l’avenir du système de santé.

Pour le collectif, “la recherche de financements nouveaux est indispensable pour faire face à l’augmentation inéluctable de la dépense de santé”. Selon le Ciss, les pouvoirs publics ont privilégié ces dernières années des mesures faisant davantage peser les dépenses de santé sur les patients.

Or “la multiplication des forfaits, franchises et autres déremboursements constitue un recul de la prise en charge solidaire” et “le transfert des charges de l’assurance maladie vers les complémentaires accentue les inégalités”. “Des voix commencent à s’élever pour que même dans une conjoncture difficile comme celle que nous traversons, notre pays accepte de rompre avec le dogme de la non-augmentation des prélèvements obligatoires”, a affirmé le Ciss, citant notamment des “propositions en ce sens” de la Cour des comptes.

Parmi les nouvelles recettes possibles, le collectif évoque une éventuelle TVA sociale, l’augmentation des charges sociales sur les salaires, l’augmentation de la CSG ou encore des taxes sur les revenus des placements financiers.

Le collectif a appelé par ailleurs à des réformes de l’organisation du système de santé, en encadrant davantage l’installation et la rémunération des médecins et en accordant “une place plus grande à la dimension de prévention”.

Le Ciss regroupe 33 associations nationales dont Aides, l’Association des Paralysés de France (APF), l’Unaf (Union nationale des associations familiales), la Fnath (accidentés de la vie), ou encore Médecins du Monde.

Selon un sondage LH2 pour le Ciss, publié lundi dans la Croix, plus de la moitié (52%) des Français préfèrent augmenter les impôts ou les cotisations sociales pour financer la hausse des dépenses de santé, 36% préférant payer plus de leur poche ou faire appel à un assureur complémentaire.

Paris, 16 nov 2009 (AFP)


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