L’Agence régionale de Santé (ARS), nouvel acteur majeur du système de santé

Les Agences régionales de Santé (ARS), que le gouvernement souhaite mettre en place d’ici la fin du premier trimestre 2010, auront pour rôle de rassembler dans chaque région l’ensemble des acteurs du système de santé pour un pilotage plus “cohérent”.

Vingt-six futurs directeurs d’ARS ont été nommés mercredi en Conseil des ministres, dont l’ancien ministre socialiste de la Santé Claude Evin qui dirigera celle d’Ile-de-France.

Le champ de compétence de ces ARS dépassera largement celui des actuelles Agences régionales de l’hospitalisation (ARH), chargées des hôpitaux, et s’étendra à l’organisation de la médecine libérale, dite de ville, ainsi qu’au secteur médico-social (personnes âgées et handicapées).

Ces agences auront également des prérogatives en matière de santé publique, et pourront adapter les politiques de santé et de prévention au contexte régional. “Les ARS sont une avancée majeure pour notre système de santé. Elles corrigent en effet ses deux principaux défauts, que sont une excessive centralisation et sa gestion trop cloisonnée en tuyaux d’orgue”, a estimé mercredi la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

Dans chaque région, les services déconcentrés de l’Etat et ceux de l’assurance maladie seront réunis au sein de la même entité. Ce qui inquiète aussi bien les syndicats de salariés, associés à la gestion de l’assurance maladie, que les syndicats de médecins, soucieux de préserver le rôle central de l’assurance maladie dans le financement du système de santé. “En absorbant au travers des ARS, des éléments de l’assurance maladie, l’Etat absorbe son contre-poids et supprime de fait un outil régulateur de sa politique de santé”, avait estimé FO, y voyant “de véritables portes ouvertes à la privatisation”.

Les ARS superviseront aussi la “recomposition” du paysage hospitalier que souhaite impulser le gouvernement grâce à sa loi “Hôpital, Patients, Santé, Territoires” (HPST). Elles devront promouvoir “l’efficience hospitalière et la transformation de lits hospitaliers en places d’accueil pour les personnes âgées”, avait expliqué Mme Bachelot avant l’adoption de la loi HPST.

Avec AFP


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