Pénurie de médecins en milieu rural : l’OMS propose des primes à l’emploi

L’Organisation mondiale de la santé a exhorté vendredi les Etats à encourager, y compris par des primes, les professionnels de la santé à s’installer dans les zones rurales ou reculées où des millions de personnes manquent cruellement de médecins.

Pour guider les gouvernements dans cet objectif, l’organisation onusienne a établi une liste de 17 recommandations, en matière de “formation, réglementation, incitations financières et soutien professionnel et personnel”, a expliqué aux journalistes le directeur des Ressources humaines de l’OMS, Manuel Dayrit.

L’OMS recommande ainsi de situer les écoles de médecine hors des grandes villes afin que les futurs diplômés aient plus envie d’y rester.

Elle suggère aussi de mettre en place un système de primes, d’indemnités de logement, de gratuité des transports et de congés payés suffisamment attractif pour attirer à la campagne les jeunes médecins.

M. Dayrit a ainsi cité le cas de la Norvège où les autorités financent les études post-universitaires de certains médecins s’ils retournent vivre en zone rurale une fois leurs diplômes en poche.

En Afrique, la situation est particulièrement préoccupante, a souligné l’OMS. Dans de nombreux pays du continent — en particulier au Mali –, la situation est paradoxale: de nombreux médecins partent vivre à la capitale pour faire des petits métiers comme chauffeur de taxis, tandis que les habitants des zones rurales manquent de médecins, a raconté le responsable du département Personnels de santé à l’OMS, Jean-Marc Braichet.

Autre exemple: en Afrique du Sud, 46% de la population vit dans les campagnes, où n’exercent que 12% des docteurs du pays.

Cette pénurie de médecins ne touche pas uniquement l’Afrique. Au niveau mondial, près de la moitié de la population vit dans des zones rurales, mais seulement 38% des infirmières et moins de 25% des docteurs y travaillent, selon l’OMS.

Au total, près d’un milliard de personnes n’ont pas accès à des soins de santé de base. Les pays riches sont également concernés. Aux Etats-Unis, par exemple, il n’y a guère que 9% des médecins qui décident de s’installer en dehors des villes, selon l’OMS.

Genève, 9 juil 2010 (AFP)


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