Prévention santé : Une complémentaire santé pour les boursiers et le « pass contraception » adoptés par la région Île de France

Le conseil régional d’Ile-de-France a adopté vendredi un « pass contraception » pour les jeunes Franciliens permettant un accès anonyme et gratuit à l’ensemble des moyens de contraception.

Tous les groupes politiques, dont le Nouveau Centre, ont voté pour, à l’exception du groupe UMP, qui n’a pas participé au scrutin, après que sa présidente Valérie Pécresse a affirmé « qu’en septembre il y aura un plan de prévention de l’État » sur le sujet. Le « pass contraception » sera proposé à partir de « début 2011 » aux élèves inscrits en priorité en classe de seconde des lycées, ou de classe d’âge ou de niveau équivalents pour les jeunes en lycées professionnels, CFA ou en formation sanitaire et sociale.

Il coûtera à la région entre 59 et 102 euros pour une « option trois mois » et entre 118 et 204 euros pour une « option six mois », en fonction des contraceptifs choisis (pilule, patch, anneau, préservatif, etc.). Environ 77.000 filles et 82.000 garçons franciliens sont potentiellement concernés par cette mesure qui passera par la remise de coupons (consultations, prises de sang, analyses médicales, délivrances « de tous contraceptifs »).

Le « référent santé » (notamment les infirmières dans les lycées) orientera les jeunes vers un médecin ou un centre de planning familial tandis que le professionnel de santé remettra à la CPAM le « pass contraception » pour remboursement. Le conseil régional a également adopté la mise en place dès la rentrée 2010-2011 d’une complémentaire santé pour les 50.600 étudiants boursiers de
moins de 26 ans ne bénéficiant pas de l’aide de l’État. L’aide de 100 euros maximum par an sera accordée sans aucune avance d’argent aux étudiants résidant en IdF à condition qu’ils prennent une
mutuelle à titre individuel.

Tous les groupes de la majorité de gauche ont voté pour tandis que l’UMP et le Nouveau Centre se sont abstenus. Mme Pécresse a estimé que « la mesure ne sera pas efficace à 100 euros » et que « les étudiants ne prendront pas les bonnes mutuelles complémentaires parce qu’ils ne sauront même pas que cette aide régionale existe ». Le président du conseil régional Jean-Paul Huchon (PS) a jugé pour sa part « scandaleux » « qu’aujourd’hui en France des jeunes ne puissent pas se soigner
pour des raisons financières » et que « ce n’est pas en augmentant le forfait hospitalier et en instaurant des franchises médicales que la situation va s’arranger ».

PARIS, 18 juin 2010 (AFP)


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