Edito : Qui veut la peau des mutuelles ?

Quand François Fillon l’a annoncée, on lui a préféré la taxe sur les sodas, fournisseuse de blagues à volonté. Mais depuis qu’elle a été votée, c’est comme si tout le monde se réveillait : le gouvernement augmente la taxe sur les complémentaires santé ? Ah mais alors, c’est nous qu’on va payer ? Ben oui.

C’est la mesure dont on a le moins parlé dans les médias.

Quand François Fillon l’a annoncée, on lui a préféré la taxe sur les sodas, fournisseuse de blagues à volonté. Mais depuis qu’elle a été votée, c’est comme si tout le monde se réveillait : le gouvernement augmente la taxe sur les complémentaires santé ? Ah mais alors, c’est nous qu’on va payer ? Et bien oui.

Les représentants des mutuelles avaient beau s’égosiller avant le passage à l’Assemblée, rien n’y a fait. Il faut croire que les lobbys des propriétaires de résidences secondaires savent mieux s’y prendre avec les parlementaires. Et c’était déjà trop tard quand Etienne Caniard, président de la Mutualité Française, a enchaîné les apparitions sur France 3, TF1 et France 5 jeudi dernier.

Les assureurs santé et mutuelles vont donc s’acquitter d’une taxe de 7% (contre 3,5% auparavant) sur les contrats responsables et solidaires, et de 9% sur les autres contrats. Tout le monde doit se serrer la ceinture, dit le gouvernement. Pour les mutuelles, la répercussion sur les cotisations est inévitable.

La grogne monte

Xavier Bertrand la semaine dernière et Nora Berra ce week-end ont senti la grogne monter. Ils ont demandé aux mutuelles de ne pas augmenter leurs primes, estimant qu’ils avaient les marges de manœuvre nécessaires.  Foutaises, selon les intéressées, qui n’ont pas pour objectif de faire des bénéfices.

Alors on tente de colmater les brèches : Laurent Wauquiez, ministre de l’enseignement supérieur, dit travailler pour que les mutuelles étudiantes n’augmentent pas. Pierre Méhaignerie, député UMP, compte lui déposer un amendement pour améliorer l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé. Une mesure pour les ménages dont les revenus sont trop élevés pour bénéficier de la CMU. Ironie du sort, c’est le fonds CMU qui finance cette aide, lui-même alimenté par les mutuelles…

Pour faire passer la pilule, on annonce aussi la baisse des prix des médicaments pour 2012, qui pourrait faire économiser entre 700 et 800M d’euros à l’Assurance maladie mais aussi alléger la facture des mutuelles. Sympa, mais il en faudra un peu plus pour qu’elles retrouvent le sourire.


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