Redressements de la Cram : des immigrants manifestent à Toulouse

Une cinquantaine de manifestants ont occupé lundi pendant deux heures le hall de la Caisse régionale d’assurance maladie de Toulouse pour dénoncer les contrôles et des redressements financiers allant jusqu’à 22.000 euros imposés à des retraités maghrébins, a constaté l’AFP.

Réunis à l’appel du collectif «Justice et dignité pour les chibanis et les chibanias» (immigrants), les manifestants contestent «les contrôles massifs» réalisés dans les foyers d’immigrés pour savoir si les retraités touchant des allocations complémentaires à la retraite ont bien respecté les conditions pour les recevoir, à savoir passer six mois par an en France.

Plusieurs de ces personnes se sont vu réclamer des remboursements sur des sommes perçues indûment pendant plusieurs années. Mohammed Medhi, un retraité dont l’épouse et les cinq enfants vivent en Algérie, se voit ainsi réclamer 22.000 euros, selon ses déclarations à l’AFP.

Il touche 636 euros d’allocations vieillesse – non concernées par cette mesure – et deux autres allocations de 303 et 246 euros qu’il a reçues pendant dix ans sans y avoir droit. Hakima Saadi, jeune femme du collectif, a souligné qu’aucun contrôle n’avait été effectué pendant des années et que cette situation avait obligé «certains retraités à repartir définitivement dans leur pays».

«En plus du redressement, souligne le collectif, s’additionne la suppression des prestations minimum vieillesse et allocation logement». Pour le directeur de la Cram de Midi-Pyrénées, Francis De Block, qui a reçu une délégation, le plan de lutte contre la fraude mis en place par le gouvernement a permis des contrôles qui n’étaient pas faits autrefois. En recoupant les informations entre administrations, et en contrôlant les passeports pour déterminer les périodes passées en France, il est désormais possible de déterminer les prestations auxquelles ces personnes ont droit ou non.

Une avocate du collectif, Juliette Pépin, estime que selon la Halde, ces contrôles de passeports sont «discriminatoires», donc illégaux. Elle demande que l’administration «passe l’éponge sur les sommes dues et informe précisément ces personnes» sur leurs droits et leurs devoirs.

Toulouse, 15 mars 2010 (AFP)


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